Au salon high-tech de Berlin, les casques Windows Mixed Reality de nombreux constructeurs ont été présentés. Et à vrai dire, on a eu un peu de mal à les différencier…

Si la "réalité mixte" de Microsoft est l’une des technologies les plus prometteuses de ces dernières années, elle reste malheureusement encore inabordable pour le grand public, tant d’un point de vue tarifaire qu’au niveau de l’expérience utilisateur : aujourd’hui, le HoloLens, vendu à partir de 3 000 euros, demeure un produit destiné aux développeurs et aux entreprises qui en font souvent un usage unique et bien particulier. 

VOIR AUSSI : On a testé le HoloLens de Microsoft : pour le fun, il faudra encore attendre un peu

Toutefois, au printemps, Microsoft nous faisait savoir que sa réalité mixte aurait bien un avenir populaire, grâce à la mise en place de partenariats avec de nombreux constructeurs tiers. Lors du Computex 2017, salon high-tech de Taïwan, on apprenait ainsi que la firme de Redmond s’était associée à Acer, Asus, Lenovo ou Dell (annoncé plus récemment) pour proposer aux consommateurs des casques moins chers et, surtout, pensés pour le loisir. 

Cette semaine, à l’IFA de Berlin, nous avons pu enfin découvrir et tester la plupart de ces casques labellisés Windows Mixed Reality, du nom de la plateforme dédiée intégrée à Windows 10. Mais quelle est leur différence avec les dispositifs type HTC Vive ou Oculus, qui proposent de leur côté des expériences en réalité virtuelle ? 

Réalité mixte ou réalité virtuelle, c’est un peu comme vous voulez

La réalité mixte telle que l’a créée — pour ne pas dire marketée — Microsoft est un mélange d’hologrammes et de champ de vision réel. C’est là qu’il faut être clair : les casques de la gamme Windows Mixed Reality n’offrent pas du tout la même expérience qu’HoloLens, mais bien quelque chose qui s’approche beaucoup de la réalité virtuelle.

La différence MR/VR, telle qu’on peut la noter sur ces casques, se situe surtout au niveau du "mapping" de l’espace : avec Windows Mixed Reality, pas besoin d’installer des trackers et autres capteurs sur pied dans sa pièce, une opération qui s’avère encore fastidieuse avec certains produits, et il n’est pas non plus nécessaire d’effectuer au préalable des réglages morphologiques qui demandent toujours du temps. Windows a simplifié tout cela en confiant ces étapes aux casques eux-mêmes. Un avantage franchement appréciable.

casque_dell.jpg
Le casque de Dell.
Lili Sams/Mashable

Au départ, on trouvait pertinent de vous faire un petit comparatif de chacun de ces quatre produits, tous présents au salon. Sauf qu’après réflexion, on ne leur trouve qu’une seule vraie variante : leur design. Pour la simple et bonne raison que Microsoft a imposé les spécificités de ces appareils aux constructeurs, et qu’ils se ressemblent donc tous sensiblement : écrans 3K (2 880 x 1 440) LCD, champ de vision 95 degrés, taux de rafraîchissement de 90 Hz, branchement direct sur un PC relativement costaud avec câble HDMI et USB 3… Leurs prix, situés entre 350 et 500 euros, devraient également quelque peu différer, mais tous n’ont pas encore été annoncés.

On ne leur trouve qu’une seule vraie variante : leur design

L’embarras du choix

Le Dell (oui, cette marque chez qui vous avez acheté un PC dans les années 90) , esthétiquement, nous aura le plus séduit, avec son châssis blanc (qui change du noir ou du gris anthracite) et ses courbes qui adoucissent sa silhouette. Confortable, il se place facilement sur la tête.

On trouve celui de chez Acer assez vilain en revanche (en image principale), même si sa visière amovible, qui permet de libérer le champ de vision sans enlever le casque, est plutôt bien pensée. On est aussi assez convaincus que le Asus séduira les joueurs, avec son aspect géométrique et ses volumes proches du HTC Vive. Enfin, le casque de Lenovo, que nous n’avons malheureusement pas pu approcher faute de temps, affiche un look plus classique, bien que plutôt élégant.

casque_asus.jpg
Le casque d'Asus.
Raymond Wong/Mashable

Au niveau des contrôleurs, là encore, aucune différence : il s’agit de ceux dévoilés par Microsoft il y a quelques semaines, en forme de petits arceaux constellés de LED. S’ils sont jolis, ils nous ont paru moins performants que les manettes du HTC Vive ou de l’Oculus, notamment à cause d’une petite latence persistante qui a rendu nos expériences pas toujours très fluides.

Quoiqu’il en soit, si la volonté de "démocratiser" la réalité virtuelle (ou mixte, donc, mais vous l’aurez compris, tout cela est dans le fond une histoire de communication de marque) est louable, on a un peu de mal à saisir l’intérêt de commercialiser autant de produits ressemblants. Et à l’heure où la réalité virtuelle a encore du mal à convaincre le consommateur, il risque, à la fin, d’y avoir des morts. 

controlleurs_microsoft.jpg
Lili Sams/Mashable

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.