Le gouvernement chinois a pris des mesures drastiques pour que le tourisme en Antarctique ne détruise pas l'écosystème du continent blanc.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais l'Antarctique devient une destination tendance. De 2 000 curieux en 1980, le continent australe est désormais foulé par près de 45 000 touristes chaque année et 12 % d'entre eux viennent de Chine, ce qui fait des Chinois les visiteurs les plus nombreux. Le gouvernement chinois s'est donc senti obligé d'établir quelques règles à leur attention.

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"Ne pas chasser, ne pas laisser ses déchets au sol, ne pas toucher ou nourrir les manchots" : voilà les règles auxquelles devront se plier les touristes chinois venus visiter l'Antarctique. Mises en place depuis jeudi 8 février par le gouvernement chinois, ces mesures ont pour but de sauver la faune et la flore du continent austral, mises en danger par l'augmentation significative du nombre de touristes par an, comme l'explique le South China Morning Post. Pour visiter les centres de recherche, les glaciers et voir de plus près les manchots, les Chinois doivent débourser quelque 100 000 yuans (environ 13 000 euros).

En septembre 2017, le directeur de l'Administration chinoise de l'Arctique et l'Antarctique Qin Weijia admettait que la Chine était l'un des quatre pays signataire du traité sur l’Antarctique – avec l'Inde, la Pologne et l'Équateur – à n'avoir pas établi de règles concernant l'attitude de ses touristes sur le continent blanc. Ainsi, si les mesures en question ne sont pas respectées, le touriste en faute sera banni d'Antarctique pendant trois ans. Des inspecteurs seront sur place pour veiller à la bonne application de cette règle.

Une augmentation du taux de mortalité de 60 % chez les manchots

Malgré cette initiative, l'état environnemental de l'Antarctique reste considérablement menacé par le tourisme : les bateaux acheminant les voyageurs par exemple, ramènent des polluants qui peuvent avoir un effet dévastateur sur la région, comme l'explique The Independent. Et quand ils ne viennent pas par la mer, c'est en avion que les touristes débarquent sur le septième continent. Depuis décembre 2017, la Chine propose des vols pour s'y rendre, en partance de Hong Kong. Une avancée en matière de transports, et de pollution à grande échelle.

Les maladies ramenées par les êtres humains posent également un véritable problème : habitués depuis peu de temps à la présence des hommes sur leurs terres, ces dernières défieraient sans problème le système immunitaire des oiseaux. New Scientist rapportait en 2014 que des bactéries comme la salmonelle, l'E. coli, le virus West Nile ou encore l'avipoxvirus se baladaient au pôle Sud. Certaines auraient notamment fait bondir de 60 % le taux de mortalité des manchots sur la seule année 2008. 

Pas de panique : pour les touristes chinois qui n'auraient pas envie d'obéir, ou ceux qui n'auraient pas les moyens de visiter ces terres de glace, il reste toujours les pingouins en plastique du zoo de Guishan. Avec eux, aucun risque de porter atteinte à la faune ou la flore d'une quelconque manière. 

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