Google a renvoyé l'auteur du "manifeste anti-diversité" qui crée le débat depuis vendredi 4 août. Mais plusieurs internautes, approchés par l'entreprise pour une embauche, ont déjà partagé leur réticence à venir travailler dans un tel environnement.

L'ingénieur de Google à l'origine du très polémique "manifeste anti-diversité", qui a secoué l'entreprise ce week-end, a été remercié par la firme californienne.

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Il s'agit de James Damore, un ingénieur de logiciels à l'origine du désormais fameux "Google's Ideological Echo Chamber", le manifeste en question. Son licenciement, révélé par le site d'infos tech Recode, grâce à des sources anonymes, a été confirmée par un email de l'ingénieur lui-même à Bloomberg. Les porte-paroles de Google ont refusé de faire des commentaires sur ce cas individuel.

Une condamnation en demi-teinte

Recode a aussi publié un email envoyé à tous les employés de Google par Sundar Pichai, le PDG de la firme. Ce dernier y déclare que pusieurs parties du document "violent notre Code de conduite et franchissent la limite en avançant des stéréotypes de genre offensants pour nos employés."

"Suggérer que certains collègues sont biologiquement moins efficaces est offensant et inacceptable"

"Suggérer que certains de nos collègues possèdent des traits qui les rendent biologiquement moins efficaces pour ce travail est offensant et inacceptable", écrit-il. "C'est contraire à nos valeurs de base et à notre Code de conduite, qui encourage chaque Googler à faire de son mieux pour créer une culture d'entreprise libre de tout harcèlement, toute intimidation, et de tous clichés et discriminations."

C'est la plus critique la plus forte exprimée jusqu'ici par Google vis-à-vis du document polémique. La vice-présidente de la diversité Danielle Brown et un autre responsable au sein de l'entreprise avaient auparavant envoyé des messages critiquant le manifeste, mais pas de manière aussi véhémente que certains l'espéraient.

Une culture d'entreprise critiquable

Même dans son email, Sundar Pichai reste prudent et rappelle que "plusieurs points soulevés dans le manifeste… sont des sujets importants" et que "les gens doivent pouvoir se sentir libres d'être en désaccord" au sein de l'entreprise. Une façon de montrer beaucoup de retenue sur un sujet très épineux, et de rassurer les employés qui partagent les idées de ce manifeste – plutôt que de soutenir les femmes et minorités ethniques offensées.

Face à une telle tiédeur de la firme, plusieurs internautes ont partagé leur mécontentement. Certains ont notamment raconté avoir été approchés par Google pour une possible embauche, et avoir poliment décliné. En cause : cette culture d'entreprise qui commence à transparaître, entre mémos sexistes et inégalités de salaire criantes.

"La réponse que j'ai envoyée à un recruteur de chez Google, la moindre des choses que je puisse faire (je partage au cas où cela motive quelqu'un avec les mêmes privilèges à faire de même)"

"Et bien, je n'aurais jamais pensé que ce serait ma réponse à un recruteur de Google"

"Donc un recruteur de Google qui m'avait envoyé un email il y a quelques mois vient de me recontacter. ... Pas le meilleur timing, Google."

– Retrouvez l'article de Karissa Bell sur Mashable.

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