On en avait entendu parler lors de la COP 21, le voici qui arrive en France. Avec ses feuilles carrées, l'eTree n'est pas un arbre comme les autres. Grâce à ses panneaux photovoltaïques, il se nourrit des rayons du soleil. Une première en Europe.

À l'époque de la conférence de Paris, la maire de Paris Anne Hidalgo avait fait le vœu d'en installer plusieurs dans la capitale. Finalement, c'est à Nevers que le premier eTree européen est sorti de terre. "C'est le symbole fort de l'engagement environnemental et technologique de notre ville", s'est satisfait Denis Thuriot, maire de Nevers qui a inauguré l'arrivée de l'arbre solaire le 29 mai 2017.

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Interrogé par Mashable FR, l'édile sans étiquette raconte avoir tout de suite été charmé par l'arbre aux panneaux photovoltaïques lors de sa présentation en 2015. "Je me suis dit : il nous le faut", se rappelle celui qui a réussi à convaincre les créateurs de l'eTree d'installer leur premier exemplaire européen dans cette commune du centre de la France. 

Un mobilier urbain qui crée du lien

L'arbre connecté présente de nombreux avantages : il apporte gratuitement un coin d'ombre, une fontaine d'eau fraîche (grâce à un processus de condensation de l'air), ainsi que des stations de recharge de batteries idéales pour les smartphones, ordinateurs et vélos électriques. Le tout alimenté exclusivement à l'énergie solaire. En effet, l'eTree peut produire jusqu’à 1 500 watts par heure, soit 7 kW par jour. Avec sa borne WiFi, il invite les badauts à se connecter assis sur ses bancs jouissant de l'ombre de son "feuillage". Autre atout de taille : toute l'énergie solaire emmagasinée durant la journée est réutilisée le soir pour l'éclairage la nuit. 

"Depuis qu'on l'a installé, on voit certaines personnes visiter Nevers rien que pour le voir en vrai"

Tout ce qu'on peut souhaiter à l'eTree est évidemment de pousser un peu partout sur la planète. "Si Nevers peut servir d'exemple...", lance Denis Thuriot, pas peu fier d'avoir dans sa commune le premier prototype – celui qu'on a pu admirer sur le parvis de l'Hôtel de Ville à Paris lors de la COP 21. Surtout, un tel mobilier urbain est très facile à mettre en place : il ne requiert pas de lourdes fondations et peut même être installé en deux jours. Résistant à 170 km/h de vent et à 70 cm de neige, l'arbre photovoltaïque peut être installé dans de nombreux paysages – par exemple, dans un village non relié à des réseaux d'eau et d'électricité.

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L'eTree de nuit.
Sébastien Nesly

À l'échelle d'une ville, il a aussi ses bienfaits. "Depuis qu'on l'a installé, on voit certaines personnes visiter Nevers rien que pour le voir en vrai", se réjouit Denis Thuriot en évoquant l'attrait touristique suscité. Le lien social qu'un tel arbre crée se voit également lorsqu'on observe les habitants qui s'y posent. "Ils discutent entre eux et sont contents de cette nouvelle curiosité locale", poursuit le maire. C'est sans parler de ses vertus pédagogiques, en terme de sensibilisation aux énergies renouvelables. "Elles sont l'avenir et c'est aussi le rôle des villes que de véhiculer ce message auprès des administrés", conclut-il.

Quant à savoir si l'allure de l'arbre est amenée à évoluer, tout dépendra. Les étudiants en cursus informatique et numérique de Nevers seront consultés et l'arbre photovoltaïque devrait faire partie d'un certain nombre de projets d'études. On s'interroge également sur sa sécurité, qui selon Denis Thuriot, sera très certainement une question sur laquelle il faudra encore et toujours plancher, puisque la sécurité des objets connectés est toujours perfectible. Pour l'instant, les différents eTrees du monde sont déjà capables de communiquer entre eux. Qui sait, demain l'eTree incorporera peut-être des fonctions de réalité augmentée ?

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