Des mines antipersonnelles qui réapparaissent en plein cœur de l’Europe, des montagnes qui perdent en altitude ou encore des prix qui grimpent en même temps que la température : la vague de chaleur actuelle a des conséquences parfois inattendues.

Rien ne va plus sous le soleil exactement. Alors que le thermomètre continue, lundi 6 août, à afficher des températures caniculaires en France, les conséquences de cette vague de chaleur qui frappe surtout l’Europe et l’Asie se font de plus en plus sentir.

Avant tout, la canicule tue. Au Japon, par exemple, elle a causé la mort d’au moins 80 personnes sur les deux dernières semaines de juillet. Mais les conséquences non-sanitaires de cette vague de chaleur soulignent à quel point le réchauffement climatique peut affecter nos sociétés en profondeur.

Des réacteurs nucléaires à l’arrêt en France. EDF s’est résolu à arrêter temporairement quatre réacteurs nucléaires – deux à Bugey (Ain), un à Fessenheim (Alsace) et un à Saint-Alban (Haute Garonne) – en raison des fortes chaleurs. La sécurité de ces sites n’est pas directement en cause. C’est une question d’eau. Les centrales en pompent pour refroidir les réacteurs puis le rejette – plus chaud – dans les cours d’eau avoisinant. Avec la canicule, ce circuit risque de faire monter la température de ces sources, comme le Grand Canal d’Alsace, au-dessus du seuil autorisé de 28° C.

Ces fermetures préventives posent la question de l’avenir du modèle énergétique nucléaire dans un monde promis à des étés toujours plus chauds. “Le parc nucléaire actuel a été conçu à une époque où la compréhension du changement climatique était bien moins développée”, souligne Le Monde. Trop de centrales ont été bâties aux abords de fleuves ou de lacs et non pas de la mer, beaucoup moins sensible au problème de rejet d’eau trop chaude.

Alerte aux mines de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne. Les autorités de la région de Saxe-Anhalt (centre de l'Allemagne) ont prévenu les habitants qu’il ne faisait pas bon se balader aux abords de la rivière de l’Elbe par ce temps de canicule. Le danger ? Tomber sur une grenade ou une mine, abandonnée depuis la Seconde Guerre mondiale, et qui serait remonté à la surface à cause de la sécheresse.

Cinq dangereux vestiges du dernier conflit mondial ont déjà été retrouvés depuis le début de l’été. Après autant de temps passé sous l’eau, les grenades ou mines présentent un risque d’explosion minime, mais elles n’en contiennent pas moins des métaux nocifs pour la santé.

Le réchauffement climatique peut faire remonter à la surface des dangers bien plus grands que quelques grenades échouées dans une rivière allemande. En 2014, un virus géant vieux de 30 000 ans avait été découvert en Sibérie à la faveur de la fonte du permafrost.

La montagne qui rapetissait. Le sommet sud du massif du Kebnekaise (nord-ouest de la Suède) ne peut plus s'enorgueillir d’être le pic le plus haut de Suède. Les températures caniculaires ont fait fondre une partie du glacier qui lui valait de s’élever à 2 101 mètres. Il a perdu quatre mètres de neige pendant le seul mois de juillet, soit 14 centimètres en moins par jour. Heureusement, le titre de plus haut sommet du pays reste dans la famille puisqu’il échoit dorénavant au sommet nord du même massif.

Cette fonte inédite du glacier représente une triste nouvelle pour la faune régionale. Certaines espèces, comme les rennes, risquent de commencer à manquer d’espace pour se protéger de la chaleur, a prévenu le responsable de la station d’observation du massif. Elle illustre la menace qu’une banalisation des vagues estivales de chaleur représenterait pour le monde animal.

Les autorités craignent aussi pour la sécurité des randonneurs de haute altitude. Le sommet sud du Kebnekaise avait attiré l’an dernier plus de 10 000 visiteurs voulant grimper sur le point culminant du massif. Mais si le versant sud est relativement facile d’accès, il en va tout autrement pour le sommet nord, réputé beaucoup plus dangereux à affronter.

Des brocolis hors de prix ? La canicule a fait grimper en flèche le prix de certains légumes en Europe, a constaté le Guardian britannique. Au Royaume-Uni, le brocoli coûte 25 % de plus qu’à la même période l’an dernier, tandis que le prix de la carotte a bondi de plus de 8 % et celui des oignons de 3,5 %. Point commun entre ces trois légumes : ils se cultivent en terre, et à cause de la chaleur deviennent parfois trop mûrs avant même d’avoir pu être cueilli. La baisse des récoltes entraîne la hausse des prix de ces légumes très recherchés. Il en va de même pour la salade en Allemagne, en Belgique et en Scandinavie.

Le pire est probablement encore à venir. Les récoltes de céréales européennes devraient être les plus maigres depuis la canicule de 2003, a prévenu le syndicat agricole allemand. Une situation qui affecterait le monde entier puisque l’Europe est le premier producteur au monde de céréales. Les marchés ont déjà commencé à montrer des signes de fébrilité et le prix des céréales a bondi de 20 % ces dernières trois semaines.

Le manoir fantôme. Le tracé du plan au sol d’une vieille demeure du XIXe siècle est apparu en plein cœur du Clumber Park, un parc historique du comté du Nottinghamshire (dans l’est du Royaume-Uni) à la faveur de la canicule, rapporte la chaîne britannique BBC. Un cliché pris par un drone indique clairement la disposition des corridors, des chambres ou encore du jardin.

Les fortes températures ont fait chauffer les fondations en pierre du bâtiment enfouies sous l’herbe, ce qui a permis de donner une coloration particulière au sol là où se trouvait le manoir.

La canicule a ainsi fait ressurgir d’autres vestiges du passé à travers tout le pays, comme un jardin élisabéthain, dans le comté du Lancashire, ou encore des pistes de décollage pour avions de la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale.

La vague de chaleur s’est révélée être un allié inattendu pour les archéologistes. Elle a permis de révéler le tracé d’un vaste site remontant à la période néolithique en plein cœur d’une ferme du nord-est de l’Irlande.

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