Le titre Facebook a plongé de 24 % mercredi 25 juillet dans les transactions après la clôture à Wall Street. Le groupe s'attend à un ralentissement de la croissance de son chiffre d'affaires et à une forte augmentation de ses dépenses.

Coup dur pour Facebook. Le titre du réseau social a plongé de 24 %, mercredi 25 juillet, dans les transactions après la clôture à Wall Street. Cet effondrement a fait fondre la capitalisation boursière du groupe d'environ 150 milliards de dollars (128 milliards d'euros) en moins de deux heures. Les résultats trimestriels et les prévisions du groupe alimentent les craintes quant à l'impact de la question de la protection des données sur les activités du réseau social.

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La collecte et le détournement supposé des données personnelles de dizaines de millions d'utilisateurs par le cabinet de conseil politique Cambridge Analytica a contraint Mark Zuckerberg à multiplier les excuses publiques cette année. Ce scandale a aussi généré des appels à déserter Facebook, en forte croissance depuis son introduction en Bourse en 2012. Le réseau social, fragilisé par ce scandale, avait prévenu les investisseurs qu'ils devaient s'attendre à une forte hausse de ses coûts en raison de ses efforts pour mieux protéger la vie privée de ses utilisateurs et renforcer la surveillance des contenus partagés sur son application. Ses dépenses totales au deuxième trimestre se sont envolées de 50 % en un an, jusqu'à atteindre 7,4 milliards de dollars.

La tendance devrait se maintenir d'ici à la fin de l'année, avec une hausse de 50 % à 60 % attendue. Les dépenses devraient encore augmenter plus vite que le chiffre d'affaires l'an prochain, a déclaré David Wehner, le directeur financier.

"Le taux de croissance de notre chiffre d'affaires total va continuer à décélérer dans la deuxième partie de 2018", a-t-il encore déclaré. "Au cours des prochaines années, nous anticipons que nos marges opérationnelles évolueront autour des 35 %", a ajouté David Wehner, en précisant que les marges baisseraient pendant plus de deux ans.

"C'est une année cruciale" pour Facebook

Tentant d'expliquer les performances jugées décevantes du groupe, ses responsables ont expliqué avoir subi les conséquences de plusieurs facteurs, parmi lesquels les scandales à répétition, qui lui coûtent très cher en investissements, ou encore, dans une moindre mesure, le Règlement européen des données personnelles (RGPD) entré en vigueur dans l'Union européenne fin mai pour mieux encadrer l'utilisation des données personnelles.

"C'est une année cruciale" pour Facebook, a commenté son patron Mark Zuckerberg lors d'une conférence téléphonique avec des analystes. "Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité, nous commençons à le voir ce trimestre", a-t-il continué, après des mois à tenter de redorer le blason du plus gros réseau social du monde.

Les données personnelles des utilisateurs sont la base du modèle économique de Facebook, dont la quasi-totalité des revenus provient des ventes d'espaces publicitaires. Mauvaises pour son image, ces controverses ont pu refroidir public et annonceurs.

De façon plus générale, Facebook pâtit aussi d'une désaffection croissante de la part des plus jeunes, qui se tournent notamment vers sa plateforme de partages de photos Instagram, qui vient de passer le milliard d'utilisateurs et dont la croissance a aidé le chiffre d'affaires de sa maison-mère, limitant donc la casse pour l'ensemble du groupe.

– Article initialement publié sur le site de France 24.

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