Suite aux épisodes de grande violence provoqués par des rumeurs circulant sur WhatsApp, le service de messagerie instantanée a décidé de prendre le problème à bras-le-corps.

En Inde, les fake news qui circulent ne se contentent pas de créer de l'agitation en ligne mais donnent aussi lieu à des lynchages. Ces derniers mois, une trentaine de personnes ont été tuées dans le pays à l'occasion d'agressions collectives provoquées par des rumeurs sur de prétendus ravisseurs d'enfants.

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À chaque fois, il s'agit du même message viral qui circule : celui-ci indique que des trafiquants arrivent pour enlever des petits dans le but de les vendre. Pour éviter ce drame, les citoyens prennent alors à partie violemment toute personne étrangère à leur zone.

Le gouvernement indien a donc demandé au service de messagerie appartenant à Facebook de prendre des dispositions afin de prévenir ce type de dérives. Comme l'a appelé de ses vœux Ravi Shankar Prasad, le ministre en charge des télécommunications en Inde, WhatsApp doit "travailler sur la sécurité de son service", surtout face à un marché de plus de 200 millions d'utilisateurs. 

Le même jour, l'application mobile a donc promis de déployer des efforts pour endiguer la prolifération de rumeurs sur sa plateforme. L'une des premières initiatives a pris la forme d'une campagne nationale à retrouver (en plusieurs langues) dans les journaux du pays, listant une série de mesures à prendre. Parmi elles (à découvrir ci-dessous en anglais), il est préconisé de "comprendre quand un message est un message transféré", "vérifier les informations qui semblent incroyables" ou encore "être vigilant sur ce que l'on partage".

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WhatsApp

Par ailleurs, WhatsApp a également annoncé le lancement d'un programme destiné à récompenser les chercheurs travaillant sur le déploiement des rumeurs. L'entreprise a également mis en place une fonctionnalité permettant de distinguer les messages rédigés par un destinataire des messages simplement forwardés, comme l'indique ce post de blog en français.

Mais comme le font justement remarquer nos confrères de The Next Web, le gouvernement indien a très promptement rejeté la faute sur WhatsApp, ce qui semble être une manière d'évacuer toute responsabilité dans les affaires de violence qu'a connu le pays. Car au-delà des dispositions techniques prises par l'application de messagerie, une réflexion, politique cette fois, doit être menée : celle qui consiste à comprendre pourquoi une population tombe aussi facilement dans la paranoïa et à quel moment elle décide de faire justice elle-même.

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