Des entreprises analysent chaque jour 100 millions de mails envoyés par des utilisateurs... qui l'ignorent probablement.

On pensait pouvoir envoyer des vidéos de petits hérissons faisant la chenille par e-mail sans que personne d'autre que notre destinataire ne les voit... mais Google en a décidé autrement. Selon une enquête publiée par le Wall Street Journal lundi 2 juillet, des centaines d'entreprises tierces ont en fait accès aux messages envoyés depuis le service Gmail.

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Les entreprises en question sont des développeurs de logiciels. Ils ont accès à des millions de comptes utilisateurs Gmail, dont ils scannent les contenus pour proposer ensuite des publicités ciblées. Ce scan qui se fait au rythme de 100 millions de mails par jour peut être réalisé de manière automatisée par une machine, mais également par des employés.

Ce scan peut être réalisé de manière automatisée, mais aussi par des employés

Sur son site, l’une de ces firmes, Return Path, promet de fournir à ses clients différentes informations sur les utilisateurs de Gmail : le nombre de messages ouverts par jour, le contexte dans lequel ils sont consultés, le temps passé à les lire, "et bien plus encore !".

Des données aspirées via des applications

Comme c’était le cas dans l’affaire Cambridge Analytica qui avait ébranlé Facebook en mars dernier, les entreprises ont pu aspirer les données grâce à des applications, qui servaient par exemple à mieux organiser ses e-mails. Elles obtenaient ainsi le consentement des internautes pour accéder au contenu de leur boîte de réception. En Europe, depuis l’entrée en vigueur en mai du règlement européen sur la protection des données personnelles, les sociétés sont obligées d’indiquer clairement de quelle manière elles vont utiliser des données collectées. Ce n’est pas le cas dans d’autres pays, comme les États-Unis.

Fin juin 2017, Google avait promis qu’elle cesserait d’analyser les e-mails de ses utilisateurs dans le but de leur proposer des publicités personnalisées – ce qu’elle semble avoir fait depuis, selon ses dires. Elle s’était gardée à l’époque de préciser que ces précautions ne valaient visiblement pas pour des entreprises tierces.

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