Ça y est, c'était enfin officiel : Facebook avait fini par se trahir en déposant un brevet révélant son ambition de tous nous écouter via le micro de nos smartphones. Mais c'était un peu plus compliqué que ça.

Le site britannique Metro.co.uk a été le premier à publier cette "information", vendredi 22 juin, avec un cartouche "exclusif". La presse internationale – et notamment française – l'a largement reprise, assurant que Facebook cherchait à "activer le micro de votre smartphone à votre insu".

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Mais l'enthousiasme généré par cette occasion en or de taper une fois de plus sur Facebook n'a pas été partagé par nos confrères de The Verge. "Tous ces titres sont faux. Facebook n'a pas déposé un brevet lui permettant d'activer le micro de votre téléphone quand un signal caché passe à la télé. Je le sais parce que j'ai lu la demande de brevet et ce à quoi il prétend. Et il n'y a pas les mots 'téléphone' ou 'microphone' dedans. Et ces déclarations sont les seules qui importent", écrit le site spécialisé.

On va vous épargner la traduction littérale du document, évidemment très technique, mais ce qu'il faut retenir, estime The Verge, c'est qu'il s'agit simplement du "back-end de Shazam pour des pubs en programmatique". Le site américain reconnaît cependant que les revendications faites dans cette demande de brevet pourraient effectivement laisser supposer que "Facebook a besoin d'un tel back-end pour pouvoir activer le micro de votre téléphone et suivre les publicités sur votre téléviseur".

The Verge rappelle en outre à juste titre que les enceintes intelligentes sont déjà capables d'être à l'affût de "signaux pour activer leurs micros et envoyer les données audio vers le cloud". Facebook travaille depuis un moment déjà sur ses propres enceintes intelligentes et essaie de breveter absolument tout ce qu'il peut autour de ces objets connectés, ce qui ne veut pas dire que le réseau social nous écoute déjà, ou qu'il possède un brevet pour activer à distance le micro de notre smartphone.

Cette crainte que le réseau social tente d'écouter nos conversations pour ensuite nous inonder de publicité ciblée n'est pas vraiment nouvelle. Mais Facebook n'a pas forcément besoin de nous écouter pour savoir ce qui nous intéresse. En observant notre comportement en ligne, il dispose déjà d'un tas d'informations à exploiter, suffisamment pour en tirer profit. On vous conseille à ce propos d'écouter ce podcast de Studio 404 diffusé en janvier :

Reste que si vous vous inquiétez de potentielles écoutes de vos discussions, vous pouvez vous pencher sur des applications moins en vue. En Espagne, par exemple, des chercheurs ont lu les conditions d'utilisation de l'application de la ligue de football et découvert qu'elle utilisait le micro et la géolocalisation des utilisateurs pour identifier les bars qui retransmettent les matches afin d'épingler ceux qui retransmettent les rencontres illégalement.

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