Après Electronic Arts, Microsoft a annoncé son nouveau service de cloud gaming. Tandis que le patron de Sony avait déjà souligné la "fin de vie" de la PS4. C'est pour bientôt, les nouvelles consoles ?

Sur la scène de l'E3, Phil Spencer a confirmé, dans la soirée du dimanche 10 juin, une rumeur qui courrait depuis longtemps sans que nous n'obtenions de déclaration officielle : la Xbox Two est bel et bien en préparation dans les bureaux de Microsoft. Mais ce n'est pas tout.

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Inspirés par le succès de l'hybride Nintendo Switch, par la démocratisation des téléviseurs supportant la 4K ou par les nombreuses tentatives pour faire vivre le cloud gaming, Sony et Microsoft semblent se mettre en ordre de bataille pour préparer l'arrivée de leurs nouvelles machines. On ne va pas se mentir : ce n'est pas vraiment pour demain. Mais les grandes lignes des plateformes de la nouvelle décennie se dessinent petit à petit.

Tout le monde vogue sur le cloud gaming

Parmi les annonces de la conférence Xbox à l'E3, on notera ce passage de Phil Spencer : "Nos ingénieurs cloud construisent un service de jeu en streaming pour permettre une qualité console de salon sur n'importe quel appareil", a affirmé le patron de Microsoft Studios, "Nous sommes déterminés à perfectionner votre expérience partout où vous voulez jouer – sur votre Xbox, votre PC et votre téléphone".

Aucune annonce technique, aucune date, aucun prix n'a été révélé. On sait pourtant que Microsoft a commencé à concocter son équipe dédié au cloud gaming dès 2015, avec le rachat de Havok, puis de Simplygon en 2017 et enfin de PlayFab au début de l'année 2018. Des entreprises dont vous n'avez probablement jamais entendu parler mais qui ont pour point commun de travailler sur le cloud gaming. Dans un entretien à The Verge réalisé en mars dernier, Kareem Choudhry, à la tête de cette jeune équipe, expliquait que Microsoft "pense qu'il y aura bientôt deux milliards de joueurs dans le monde" et que leur but est "d'atteindre chacun d'entre eux" grâce au cloud gaming.

La veille, lors de sa conférence, Electronic Arts teasait également son futur service de jeu vidéo en streaming. On s'en doutait un peu depuis le rachat de GameFly, un service de jeu en streaming pour les téléviseurs connectés, il y a un mois. L'objectif sera de permettre aux abonnés de jouer aux jeux EA depuis un smartphone ou un PC pour la somme de 14,99 euros par mois ou 99,99 euros par un. Le service sera lancé dès cet été et permettra d'accéder à tous les titres EA cinq jours avant leur sortie.

Electronic Arts

Après l'arrivée de Sony et son offre PlaystationNow, Microsoft avance ses pions avant de se lancer dans le grand bain. Si le nouveau service propose quelque chose de véritablement nouveau, notamment en terme de crossplay, l'entrée de ce nouvel acteur de taille pourrait véritablement donner un coup de fouet au cloud gaming. On n'oublie pas aussi le service Yeti de Google, encore en préparation et qui pourrait envoyer du lourd si l'entreprise y met toute sa puissance de feu. 

Quoi qu'il en soit, ces annonces font écho aux récentes paroles d'Yves Guillermot, le patron d'Ubisoft, dont nous suivrons le show ce lundi soir sur Mashable FR. "Je pense que nous allons voir une nouvelle génération de consoles, mais il y a de bonnes chances que, petit à petit, nous voyons moins de hardware", affirmait-il dans une interview au site Variety. "Avec le temps, le streaming deviendra plus accessibles à beaucoup de joueurs et il ne sera plus nécessaire d'avoir des consoles à la maison." Guillermot, prophète.

Xbox Two, PS5... et une console portable ?

Il est peu commun que les constructeurs s'étendent sur de nouvelles machines avant d'être prêt à montrer quelque chose de tangible aux fans. Sur la scène de l'E3, Phil Spencer s'est donc contenté de rassurer les amateurs de Microsoft – qui domine toujours le marché en terme de ventes et d'exclusivités – en rappelant que la Xbox Two était en développement.

Pourquoi faire cette annonce maintenant, de manière officielle ? Sans aucun doute pour faire remonter un peu la hype de la Xbox face aux nombreuses rumeurs qui circulent autour de la PS5 depuis quelques mois.

Sony a déjà affirmé qu'aucune annonce hardware ne serait faite durant cet E3 2018. Mais à l'occasion du Corporate Strategy Meeting and IR Day de Sony au Japon, un événement qui rassemblait les professionnels du secteur à la fin du mois de mai dernier, le PDG de Sony, John Koneda, a évoqué la "fin de vie de la PS4", après six ans d'existence. Il n'en fallait pas plus pour que les analystes évoquent une annonce de la PS5 pour l'E3 2019 et l'arrivée de la console sur le marché pour 2020/2021.

En avril dernier, le site SemiAccurate – ne vous fiez pas au nom, c'est du sérieux – affirmait également avoir obtenu une fiche technique de la PS5. Celle-ci serait composée d'un APU intégrant un processeur AMD Zen 8 cœurs et un GPU basé sur l'architecture Navi, mais personnalisée par Sony. Encore en mai dernier, le site Digital Foundry (un site d'Eurogamer) est venu confirmer l'info, avec un article affirmant que la PS5 embarquerait un processeur Ryzen d'AMD.

Enfin, on peut noter que John Kodera a relancé récemment l'idée d'une nouvelle machine portable du côté de Sony. Dans une interview accordée à Bloomberg, il affirmait qu'au lieu "séparer le jeu portable des consoles, il est nécessaire de continuer à l'envisager comme une façon de proposer plus d'expériences de jeu et d'aller vers les attentes de nos clients concernant le jeu portable. Nous souhaitons désormais explorer une plus grande variété d'options".

En attendant, on risque de se faire plaisir, dans la nuit de ce lundi au mardi 12 juin, avec la conférence de Sony à l'E3, qui devrait faire de très grosses annonces s'il s'agit du dernier "gros" salon de la PS4. 

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