Au Royaume-Uni, des scientifiques ont habitué une araignée à faire des bonds. Mais pas pour le simple plaisir du dressage.

"La nature est pleine d'incroyables araignées et elles font toutes un excellent boulot", estime Mostafa Nabawy de l'université de Manchester. Pour le chercheur qui vient de publier une étude dans la revue scientifique Scientific Reports, il est évident que l'étude de ces prédateurs invertébrés pourrait largement inspirer la robotique future.

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Avec son équipe, Mostafa Nabawy a donc appris à une araignée prénommée Kim à sauter sur commande. L'objectif est notamment de pouvoir observer de près comment une araignée utilise ses pattes pour se propulser et bondir.

"Quand l'Homme imite la nature"

Kim, qui fait environ la taille d'un ongle de pouce, est capable de sauter en se déplaçant de six fois la longueur de son corps. Les experts en robotique ont enregistré les sauts puis les ont modélisé en 3D afin d'analyser la trajectoire de chaque patte durant cet effort. 

Forcer Kim à faire des bonds n'a pas été chose aisée. La récompense par la nourriture, mécanisme habituellement utilisé pour inciter un animal à s'exécuter, n'a pas fonctionné sur l'araignée. "Elle ne mange qu'un criquet par semaine...", a expliqué Mostafa Nabawy à National Geographic. Alors pour la forcer à sauter, les scientifiques ont dû répéter l'opération suivante : placer Kim sur une plateforme puis rapidement la déplacer sur une autre plateforme située plus loin, le tout afin de faire comprendre à l'arachnide qu'il est censé faire des bonds pour avancer.

En se penchant sur les vidéos des sauts de Kim, les chercheurs ont observé que celle-ci avait plusieurs façons de se déplacer. Sur de courtes distances, l'araignée fait un bond plus rapide et plus précis, mais qui lui demande également un peu plus d'énergie. En revanche, sur de plus longues distances, Kim déploie moins d'effort et se contente d'atterrir avec moins de précision.

"Comprendre les mécanismes biomécaniques de la nature est une première étape pour construire des robots-araignées capables de sauter", s'est réjoui Nabawy. "S'atteler à la technologie pour y parvenir en est une seconde".

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