Alors que les services spéciaux russes veulent forcer Telegram à leurs fournir ses clés de cryptage, le gouvernement français prend ses dispositions pour développer un équivalent à cette appli de messagerie chiffrée.

Alors qu’il était encore en campagne, Emmanuel Macron échangeait déjà avec ses collaborateurs sur WhatsApp ou Telegram, nous avaient confié ses équipes. Et depuis son élection, le président de la République n’avait visiblement pas changé ses habitudes.

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Or entre l’explosion du scandale Cambridge Analytica – Facebook (qui détient WhatsApp) sur la protection des données et alors que les services spéciaux russes font pression sur Telegram pour que l’appli leur fournisse les clés de cryptage permettant de lire les messages de ses utilisateurs, ces applications censées être sécurisées ne sont plus en odeur de sainteté à l’Élysée.

L’agence de presse Reuters, qui cite une porte-parole du  rapporte ainsi qu’"un informaticien de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC) a donc conçu une application propre à la France". L'appli en question est cryptée et elle pourrait devenir obligatoire pour tous les membres du gouvernement, les cabinets ministériels et la haute administration d’ici l’été. Pour le moment, elle est testée par une vingtaine de hauts responsables et hauts fonctionnaires, même si elle doit encore être approuvée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). 

"Trouver un moyen d’avoir un service de messagerie cryptée qui n’est pas chiffré par les États-Unis ou la Russie"

Si on ne connaît pas le nom de cette application pour le moment, une porte-parole du secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi assure qu’elle a été développée "à partir d’un code 'open source'" et qu’elle "pourrait éventuellement être ouverte à tous les citoyens".

"Nous devons trouver un moyen d’avoir un service de messagerie cryptée qui n’est pas chiffré par les États-Unis ou la Russie. On pense forcément aux failles potentielles qui peuvent survenir, comme on l’a vu pour Facebook, alors il faut qu’on prenne les devants", a expliqué la porte-parole de Mounir Mahjoubi.

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