Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg a présenté mardi ses excuses devant le Sénat américain pour les erreurs commises sur la protection des données et la manipulation politique. Sa société est dans la tourmente de l'affaire Cambridge Analytica.

Mark Zuckerberg a fait profil bas devant le Sénat américain. Le PDG de Facebook a présenté mardi 10 avril ses excuses personnelles et officielles devant la Chambre haute des États-Unis pour les erreurs commises sur la protection des données et la manipulation politique.

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"Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur"

"Il est évident aujourd'hui que nous n'avons pas fait assez pour empêcher ces outils d'être utilisés de façon malintentionnée (...). Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur. C'était mon erreur et je suis désolé", a-t-il déclaré, en pleine tourmente sur le scandale de fuite de données vers Cambridge Analytica"Cela prendra du temps pour mener à bien tous les changements nécessaires" pour limiter ces mauvais usages, a-t-il ajouté.

"Course aux armements" avec la Russie

Il a également évoqué une "course aux armements" avec la Russie concernant la protection des données et la manipulation politique. "Il y a des gens en Russie dont le travail est d'exploiter nos systèmes et d'autres systèmes Internet aussi. Donc c'est une course aux armements", a-t-il affirmé

Le jeune milliardaire est entendu par les parlementaires américains au cours d'auditions qui ont commencé mardi et se poursuivront mercredi. Elles visent à établir comment les données de dizaines de millions d'usagers de Facebook ont pu se retrouver entre les mains de Cambridge Analytica. Cette firme d'analyse de données a ensuite travaillé pour la campagne du candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016, Donald Trump.

Le groupe et son patron sont violemment critiqués pour avoir été laxistes dans la protection des données. Il doit aussi expliquer pourquoi il a attendu 2014 pour décider de limiter l'accès aux données personnelles par les applications tierces, comme celle par laquelle ont transité les informations récupérées par Cambridge Analytica.

Il doit s'expliquer aussi sur sa façon de lutter contre la manipulation politique sur le réseau. Le groupe aux plus de deux milliards d'utilisateurs est ainsi vilipendé depuis des mois pour avoir servi – comme Google ou Twitter – d'outil de désinformation et de manipulation politique, orchestrée selon la justice américaine par le Kremlin dans le but de favoriser l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Moscou a toujours nié.

– Avec AFP

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