Sept ans après sa mise en orbite, la station spatiale chinoise Tiangong-1 est rentrée dans l'atmosphère terrestre et s'est désintégrée au-dessus du Pacifique Sud. Sans faire de dégâts.

Plus de peur que de mal. La station spatiale chinoise Tiangong-1 s'est désintégrée, lundi 2 avril, en plein vol alors qu'elle regagnait la Terre au-dessus du Pacifique.

VOIR AUSSI : "Tiangong-1 va-t-il nous tomber sur la tête ?"

Après plusieurs journées d'incertitude, le laboratoire spatial a fait sa rentrée dans l'atmosphère lundi vers 0 h 15 GMT, a annoncé le bureau chinois chargé de la conception des vols spatiaux habités (CMSEO). L'organisme d'État n'a pas fourni les coordonnées exactes du point de chute, évoquant seulement "la partie centrale du Pacifique Sud". "La plupart des équipements ont été détruits lors de la phase de rentrée dans l'atmosphère", a assuré le CMSEO.

L'engin, en vol incontrôlé depuis 2016, a regagné la Terre un peu plus tôt que prévu : le CMSEO avait annoncé auparavant que la rentrée dans l'atmosphère s'effectuerait autour de 0 h 42 GMT, ce qui l'aurait située au-dessus de l'Atlantique Sud, au large de la ville brésilienne de Sao Paulo.

La station spatiale abandonnée pesait environ huit tonnes mais ne devait pas causer de dégâts en tombant, avait cherché à rassurer la Chine ces derniers jours. Pékin avait même promis un spectacle "splendide", semblable à une pluie de météorites. Mais au-dessus du Pacifique, il paraissait improbable que quiconque ait pu assister à la scène à l'œil nu.

"Palais céleste"

Le laboratoire spatial avait été placé en orbite en septembre 2011. Il aurait dû effectuer une rentrée contrôlée dans l'atmosphère terrestre, mais a cessé de fonctionner en mars 2016. D'après l'Agence spatiale européenne (ESA), les ingénieurs chinois au sol n'étaient plus en mesure d'actionner les moteurs qui auraient permis de contrôler la chute de l'engin. Mais Pékin a réfuté à plusieurs reprises que le Tiangong-1 soit devenu "incontrôlable".

Tiangong-1, qui signifie "Palais céleste", a été utilisé pour des expériences médicales. Le laboratoire était également considéré comme une étape préliminaire dans la construction d'une station spatiale chinoise. La Chine a investi des milliards d'euros dans la conquête spatiale pour tenter de rattraper l'Europe et les États-Unis. Coordonnée par l'armée, elle est perçue comme un symbole de la puissance retrouvée du pays. Pékin ambitionne d'envoyer un vaisseau spatial autour de Mars vers 2020, avant de déployer un véhicule téléguidé sur la planète rouge.

Le géant asiatique souhaite aussi déployer d'ici 2022 une station spatiale habitée, au moment où la station spatiale internationale (ISS) aura cessé de fonctionner. Un autre laboratoire, Tiangong-2, a été lancé à cet effet en septembre 2016. La Chine rêve également d'envoyer un homme sur la Lune.

– Avec AFP

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.