"Chaque fois qu'un menteur dit une vérité, il lui tombe un œil. Pourtant, il n'est pas encore borgne", dit un dicton provençal. Cambridge Analytica avait assuré avoir supprimé les données qu'elle avait siphonné. Et pourtant, elles existeraient encore.

Cambridge Analytica a beau être dans une tourmente politico-médiatique d’ampleur mondiale, elle ne semble pas déterminée à corriger ses erreurs au plus vite. Alors que l’entreprise britannique, accusée d’avoir exploité les données personnelles de plus de 50 millions d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement et à des fins de prédiction politique, assurait avoir "supprimé" toutes ces informations, il semble en être tout autrement.

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Mercredi 28 mars, l’antenne londonienne de Channel 4 News a en effet assuré avoir pu accéder aux données de plus de 136 000 individus, localisés dans l’État du Colorado, ainsi qu’à leur profil psychologique établi par Cambridge Analytica en vue de servir la campagne de Donald Trump. La chaîne affirme avoir pu consulter ces informations supposées disparues auprès d’une "source interne" à la firme. Les données, qui datent de 2014, ont été utilisées par l’entreprise de communication stratégique pour diffuser des messages spécifiques aux résidents les plus susceptibles d’y être réceptifs.

Cambridge Analytica avait pourtant insisté sur le fait que toutes ces informations avaient bien été "détruites"

Cambridge Analytica avait pourtant insisté sur le fait que toutes ces informations avaient bien été "détruites", d'abord en 2015 puis au lendemain de l'éclatement du scandale. Mais les affirmations de Channel 4 News laissent entendre que des copies de ces données circulent toujours bel et bien, certaines ayant été transmises par le biais de "messageries génériques et non-professionnelles hors des serveurs de l’entreprise et de sa société-mère, SCL", affirme Channel 4. "Si nous [Channel 4 News] pouvons en obtenir une copie, les utilisateurs seraient naïfs de penser que quelqu'un d'autre ne peut pas ", déplore la chaîne.

Le 21 mars dernier, Mark Zuckerberg écrivait dans un post Facebook "exiger" de Cambridge Analytica et du chercheur qui avait obtenu les données en premier lieu qu’ils "certifient formellement avoir supprimé toutes les données incorrectement acquises." Le patron de Facebook avait ensuite déclaré que Cambridge Analytica "avait fourni ces certifications".

De toute évidence, celles-ci étaient insuffisantes. À moins que Facebook n’ait une fois de plus pas suffisamment vérifié leur solidité.

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