Le dernier modèle de la gamme Galaxy de Samsung nous a promis monts et merveilles en matière de photo. Mais encore ? Après avoir pu le tester durant près d'une semaine, on vous dit s'il vaut le sacrifice financier.

Attention, c’est l’heure de la grande question existentielle de ce mois de mars : "Dois-je investir dans le Galaxy S9, en sachant qu’il n’est pas pareil mais presque-pareil-quand-même que le S8 ?" La réponse est… eh, il va falloir lire tout ce texte, qu’est-ce que vous croyez.

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J’ai donc eu l’occasion de tester en avant-première, et pendant une semaine complète, ce nouveau smartphone de Samsung, dévoilé il y a quelques semaines par la marque sud-coréenne. Si vous aviez un peu suivi son annonce, vous devez sans doute savoir qu’extérieurement, il n’a rien de différent de son prédécesseur. On y retrouve donc ce bel écran incurvé aux bordures réduites qui crée cette impression de largeur sur la façade avant de l’appareil.

Rien à redire de particulier d’ailleurs sur cet écran Super AMOLED, à la définition maximale en WQHD+ de 2960 x 1440 pixels. La luminosité est au rendez-vous, les couleurs sont chatoyantes (peut-être même un peu trop), et, bon point, la température de l’affichage est réglable. J’ai par exemple immédiatement "rechauffé" mon écran, le rendu des appareils Samsung étant par défaut trop froid à mon goût.

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Le capteur d’empreinte, toujours un problème

Un petit changement a tout de même été opéré au niveau de son design : il concerne l’emplacement du lecteur d’empreinte, qui, sur le Galaxy S8, avait soulevé des critiques pour sa trop grande proximité avec l’appareil-photo. Sur le S9, Samsung l’a donc déplacé sous le capteur, sur un axe vertical. Si j’avais assuré lors de ma toute première prise en main du téléphone que cet endroit était "vachement plus pratique", je tiens à revenir sur ce que j’ai dit : ça ne va pas non plus. C’est encore trop près du capteur-photo, que j’ai sagouiné toute la semaine (surtout quand je venais de manger des chips).

Concernant les autres systèmes de déverrouillage, on retrouve le scanner d’iris et la reconnaissance faciale, des fonctionnalités déjà présentes sur le S9. La première, qui demande à placer le téléphone dans l’axe de son œil, n’est malheureusement pas très intuitive, quand la seconde manque encore de fiabilité en termes de sécurité, comparé au Face ID d’Apple par exemple. En bref, le déverrouillage de ce S9, quelle que soit la manière dont il est opéré, n’est pas encore optimal à mon sens.

Une légère prise de poids pas désagréable

J’ai toujours estimé qu’il valait mieux un smartphone trop lourd plutôt que trop léger. Bien sûr, l’idéal est d’avoir l’entre-deux, et c’est exactement là où se place ce S9, qui prend quelques dixièmes de grammes par rapport au S8. En main, il m’a ainsi semblé mieux équilibré.

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L’appareil-photo, moyennement réinventé

Samsung nous avait promis de "réinventer l’appareil-photo" avec ce nouveau modèle. Pour ce faire, la marque a introduit sur ce S9 capteur arrière "Super Speed ​​Dual Pixel" de 12 mégapixels dont l’objectif est capable de changer naturellement d’ouverture, en fonction des prises de vue, de f/1,5 à f/2,4. On avait hâtivement parlé de "première sur un smartphone", mais il faut savoir que Nokia avait déjà réalisé cette prouesse.

En plein jour, c’est l’ouverture f/2,4 qui est sollicitée. Les photos m’ont semblé très réussies, avec un beau piqué et de bons niveaux de contrastes, aidés par le HDR.

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Mais c’est surtout en faible luminosité que le rendu a de quoi impressionner, malgré quelques petits défauts, concernant notamment la saturation des couleurs, un poil trop poussée à mon goût. En basse lumière donc, l’appareil-photo va automatiquement choisir d’ouvrir en f/1.5 ou f/2.4, et ce sans ralentissement.

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De là à changer radicalement de ce que proposait le S8 ? N’exagérons rien. Si vous avez investi il y a peu dans un S8, vous n’avez aucune raison de le regretter.

En façade, on retrouve le même capteur photo 8 mégapixels avec un objectif ouvrant en f/1.7 que l’année dernière, l’autofocus en plus. J’ai personnellement un léger problème avec le rendu de ce mode selfie, qui lisse les traits par défaut. Résultat, j’ai toujours l’impression d’être au top de moi-même alors que tout ceci n’est qu’un vaste mensonge. Il suffit d’enlever tout correctif artificiel pour s’en rendre compte. Avec un iPhone X, la vérité sur mon teint cireux et mes imperfections éclate directement au grand jour, et dans le fond, c’est presque plus charmant.

On notera toutefois l’ajout d’un effet bokeh sur les photos selfies, soit une sorte de flou d’arrière-plan supposé "sublimer" les portraits de soi. Malgré tout, qu'il soit utilisé en mode portrait ou selfie, l'effet bokeh logiciel est souvent hasardeux.

Les AR Emojis, notre avatar venu tout droit des Enfers

Quelle monstrueuse création. Sincèrement, je trouve cette réponse de Samsung aux Animojis d’Apple (que je ne porte pas non plus particulièrement dans mon cœur, même s’ils ont le mérite d’être très réussis) absolument désastreuse. Pour rappel, les AR Emojis sont de petits avatars personnels, version humanoïde ou cartoon, créés automatiquement lorsque l’on scanne son visage.

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C’est vilain, ça fait peur, ça ne sert à rien. Bref, certains me trouveront extrêmes, et ils auront sans doute raison. C’est une affaire de goût. En tout cas, ils sont très loin d'être au mien.

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Bixby, malheureusement toujours incompétent

Qui ? Vous savez, Bixby, l’équivalent de Siri et de Google Assistant à la sauce Samsung. Mauvaise nouvelle : il est toujours aussi empoté… et il prend toujours autant de place, puisqu’un bouton archi-mal placé, sur la tranche droite, lui est toujours consacré. Plus agaçant encore, l’obligation d’avoir un compte Samsung pour tenter, éventuellement, parce qu’on est sympa, de l'utiliser. Ah, on oubliait : il ne parle toujours pas français.

Des haut-parleurs enfin à la hauteur

Voilà enfin une belle nouveauté sur ce téléphone : un haut-parleur stéréo a été intégré en façade. Le son, lorsqu’il est poussé à son maximum, s’en voit franchement amélioré. Un changement qui sera incontestablement appréciable du plus grand nombre.

Une autonomie moyenne

Avec sa batterie de 3 000 mAh, soit exactement la même que celle du S8, l’autonomie de ce S9 laisserait franchement à désirer (certains parlent de 8 heures). De mon côté, j'ai constaté sur le S9+ (le modèle que Samsung m'avait prêté) une autonomie pas nettement meilleure, malgré 500 mAh de plus. J'ai dû recharger le téléphone tous les soirs, durant mes 5 jours d'utilisation. Je précise n'avoir joué à aucun jeu mobile.

Bilan des courses

Difficile en conclusion d'être radical. Ce S9 est un bon appareil, mais il ne se démarque pas suffisamment du Galaxy S8 pour justifier le remplacement de ce dernier. D'autant que son prix reste élévé : il faut compter 859 euros pour le Galaxy S9, et 959 euros pour le Galaxy S9+. Certes, son écran est impressionnant et son appareil-photo très satisfaisant, mais d'autres smartphones moins chers, comme le OnePlus 5T, et peut-être bientôt le OnePlus 6, commencent à proposer à peu près la même chose à moindre coût. Il faudra aussi surveiller de près le P20 de Huawei, prochain haut de gamme de la marque chinoise qui sera présenté le 27 mars. Lui aussi devrait avoir été taillé pour la photo basse lumière, avec pas moins de... trois objectifs photo.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

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