Alors que Facebook est en pleine introspection, deux de ses dirigeants ont montré, lundi, la direction de la porte à ceux, médias et entreprises, qui critiquent sa récente décision de modifier l'algorithme du fil d'actualité.

Facebook a coutume d'avancer vite, en mode ça passe ou ça casse. Mais ces temps-ci, le géant de la tech se penche sérieusement sur la qualité du temps passé par ses utilisateurs sur le réseau social, et lance un nouveau slogan : "Facebook, tu l'aime ou tu le quittes." C'est en substance ce qu'ont dit deux dirigeants de Facebook, Campbell Brown et Adam Mosseri, lundi 12 février, lors de la conférence Code Media du site Recode.

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À trois reprises en 50 minutes de discussion, Campbell Brown a expliqué que les éditeurs et les entreprises devraient se sentir libres de quitter Facebook s'ils sentent que le réseau social ne fonctionne pas pour eux. "S'il y en a qui pensent que ce n'est pas une bonne plateforme pour eux, alors ils ne devraient pas être sur Facebook", a-t-elle déclaré. La responsable des partenariats médias de Facebook a insisté sur le fait que "les gens ne viennent pas sur Facebook pour les news", même si des études montrent que la majorité des adultes aux États-Unis s'informent sur Facebook. "Ils vont sur Facebook pour leurs amis et leur famille", assure-t-elle, faisant écho aux derniers communiqués de Facebook destinés à atténuer les critiques contre le fil d'actualité.

Facebook est scruté de près ces dernières semaines par tous ses partenaires ainsi que les éditeurs de presse, les annonceurs, les utilisateurs et même ses propres employés actuels et passés. Lundi 12 février, le magazine Wired a d'ailleurs consacré sa une à Facebook et aux deux dernières années durant lesquelles le géant américain des réseaux sociaux a tenté de redorer son image auprès des entreprises de presse et des utilisateurs. Pendant ce temps, Unilever a menacé de retirer ses investissements publicitaires sur Facebook, et un nouveau rapport d'eMarketer a montré que les jeunes utilisateurs désertent la plateforme, certains s'orientant vers le concurrent Snapchat.

Et la semaine n'est pas finie.

Au cours des derniers mois, l'ancien président de Facebook Sean Parker et un autre ancien dirigeant de Facebook, Chamath Palihapitiya ont pointé les effets pervers de ce réseau social tentaculaire. Marc Benioff, le PDG de Salesforce, autre géant de la Silicon Valley, a soutenu que Facebook devrait être soumis à une règlementation commme l'est la cigarette.

"Mon travail n'est pas de rendre les éditeurs heureux"

Oui, il y a des rancœurs derrière tout ça et des haters s'invitent dans le débat, mais le message de Campbell Brown et Adam Mosseri a été on ne peut plus clair : Facebook ne va pas vous supplier pour que vous restiez. "Je ne suis pas là pour les convaincre d'être sur Facebook. Mon travail n'est pas de rendre les éditeurs heureux, mon travaille consiste à m'assurer qu'il y a des informations de qualité sur Facebook et que les éditeurs qui veulent être sur Facebook aient un modèle économique qui fonctionne." Elle dit donc écouter les préoccupations de ses interlocuteurs et tenter de mettre en place des solutions. "Vous avez eu beaucoup de dîners [de travail] ?", a demandé Peter Kafka, de Recode, à Campbell Brown qui a rejoint Facebook l'an passé. "Petit-déjeuner, déjeuner et dîner, à peu près 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Et c'est toujours les deux mêmes préoccupations : une meilleurs monétisation, plus de visibilité pour des contenus de qualité dans le fil d'actualité."

Sur ces questions, Facebook assure avoir dépriorisé les fausses nouvelles (fake news) et les contenus clickbait et teste une formule d'abonnement. Mais si cela ne leur sied pas, les éditeurs sont libres de partir, encore une fois. "Facebook n'est qu'une solution, je l'espère. Nous essayons de nous améliorer en apportant de la valeur ajoutée. Ce dont je veux nous éloigner... l'attention permanente... sur la hausse de mon trafic", explique la responsable des relations médias de Facebook. 

En effet, les éditeurs de presse se plaignent depuis un certain temps de l'évolution constante de l'algorithme du fil d'actualité de Facebook. Cette boîte noire est dirigée par Adam Mosseri, qui participait également à cette table ronde et a rejoint les propos de sa collègue en mode Facebook tu l'aimes ou tu le quittes. "Si vous êtes un éditeur et que vous avez l'impression que Facebook n'est pas bon pour votre entreprise, vous ne devriez pas être sur Facebook", a répété Campbell Brown en réponse à une question du public. 

– Retrouvez la version originale de cet article signé Karissa Bell et Kerry Flynn sur Mashable.

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