Les réseaux sociaux sont supposés nous lier aux autres. Pourtant, le principe du bouton "like" et du cœur est ce que Facebook et Instagram ont inventé de plus froid comme manière de communiquer avec les autres.

Plus que n'importe quelle autre fonctionnalité, le pouce du Facebook – mais aussi ses cousins, les cœurs sur Instagram et Twitter – incarne tout ce qu'un réseau social peut avoir de pire. L'heure est maintenant venue de dresser le bilan des dégâts. 

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Soyons honnêtes. Le like est devenu l'expression d'un intérêt vu au rabais pour les autres, en somme : un moyen d'approuver un contenu sans trop se mouiller. La plupart du temps, se contenter du bouton "j'aime" tue la possibilité d'avoir des discussions profondes et des interactions qui ont du sens. En fait, la dictature du like nous plonge dans une attitude sincèrement passive sur les réseaux sociaux. Alors que nous pensons être connectés à nos proches grâce à ce qu'ils donnent à voir d'eux-mêmes, le fait de les observer et d'apposer un "j'aime" une fois de temps en temps ne nous rapproche pas plus d'eux.

Les "likes" renseignent Facebook sur ses utilisateurs

Par ailleurs, le fait de poster soi-même un contenu puis de revenir compulsivement sur nos réseaux sociaux pour voir combien de "j'aime" il a amassé nous oblige à être dans une posture d'attentisme, à la recherche de la validation. À terme, ce paradigme social sans précédent nous pousse à ne plus nous enquérir des autres – un petit tour sur leurs pages Facebook et Instagram nous suffisant à avoir de leurs nouvelles. Alors au lieu de demander aux gens comment ils vont et de leur faire comprendre que l'on pense à eux, on leur envoie quelques likes, signe d'une nouvelle bienveillance 2.0.

Et cela, même Facebook – qui a commandé plusieurs études sur le sujet – en est conscient. D'où le choix pris en ce début d'année 2018 de faire remonter non pas les publications ayant engrangé le plus de likes, mais celles ayant suscité le plus de discussion. Bien sûr, jamais le choix ne sera fait de supprimer le bouton "j'aime" : ne perdons pas de vue que le succès de l'entreprise repose beaucoup sur les likes... puisque ces derniers permettent au réseau social de savoir exactement ce que ses utilisateurs... aiment. D'un point de vue strictement économique, se débarrasser de cette fonctionnalité serait une aberration.

Mais là encore, gageons que l'avenir de Facebook ne se jouera pas sans une réflexion poussée sur ce qui fait le bien-être des internautes. Alors peut-être qu'un monde dans lequel les réseaux sociaux, autrement dit ces plateformes numériques supposées nous lier aux autres, feront l'économie de ce bouton froid, sans esprit, et sur lequel on appuie sans qu'il ne veuille dire la même chose à chaque fois.

– Adapté par Émilie Laystary. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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