Au salon de l'électronique qui se tient actuellement à Las Vegas, le groupe La Poste, qui y est une fois de plus très actif cette année, dévoile une appli qui centralise les données de santé des utilisateurs et permet d'envoyer des alertes.

Des assistants à la personne intelligents, des services en ligne et une multitude de gadgets… Depuis longtemps, la collecte massive des données des internautes offre aux géants de la tech la possibilité de diagnostiquer des maladies et de proposer des conseils ou un traitement personnalisé pour chaque cas. Sauf que pour le moment, les résultats de cette pratique ne nous paraissent pas forcément très concrets. Ceci pourrait bien changer en 2018, du moins du côté des Français, avec le lancement d'une application La Poste spécialement dédiée à la santé.

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On ne le sait que trop, Google stocke et analyse les informations de santé et de bien-être de ses utilisateurs. Apple, Samsung et leurs montres connectées captent en temps réel nos activités physiques quotidiennes ou leur absence. Sans oublier Facebook, qui développe des applications de "soins préventifs" pour aider ses abonnés à améliorer leur hygiène de vie et prévenir l’apparition des maladies. Cette chasse aux données de santé intéresse aujourd’hui le groupe français dont le secteur d’activité semble pourtant éloigné du domaine médical. Dans la lignée de son virage stratégique 100 % numérique, il lance ainsi au CES, depuis quatre ans, ses services mobiles dans le secteur de l’e-santé.

C’est un véritable carnet de santé en ligne entièrement sécurisé, relié directement à notre médecin 

"La Poste eSanté", application gratuire pour smartphones et tablettes, permet de partager des données avec notre médecin référent. C’est un véritable "carnet de santé en ligne" entièrement sécurisé, explique David de Amorim, directeur innovation du groupe La Poste : "L'idée, c'est vraiment une application qui permette de faire un suivi en ambulatoire, ou de prévention, et qui puisse intégrer des objets connectés de santé. Pour que mon médecin puisse me recontacter à distance avec une messagerie intégrée à l'application, par exemple."

"Finalement, c'est ce que j'appelle la continuité des serments", ajoute David de Amorim. "Le serment d'Hypocrate pour les professionnels de santé, le serment du secret de la correspondance pour le facteur, pour La Poste. Il serait tout à fait inenvisageable qu'un hôpital fasse un suivi sur une suite opératoire avec une application qui ne soit pas totalement sécurisée du point de vue numérique dans un cadre éthique très fort."

Une offre mobile qui crée du lien entre les patients et des objets connectés du simple au plus compliqué. Il peut s’agir d’un thermomètre, d’un pèse-personne ou de matériel hospitalier sophistiqué, comme des pompes à insuline et des spiromètres en passant par le smartphone et le stockage centralisé, mais ultra protégé, de nos données de santé. Reste maintenant à convaincre la cible principale – les personnes dont la santé est à surveiller, et donc par extention les personnes les plus âgées –, à la télécharger, à y connecter ses objets, et à s'en servir. Le pari n'est pas encore gagné.

– Article initialement publié sur RFI, réédité pour et par Mashable FR.

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