Lorsque l'on souffre de déficience visuelle, Internet peut être un incroyable moyen de se rattacher au monde. À condition que son accessibilité soit davantage prise en compte.

On dit d'Internet qu'il démocratise l'accès à la connaissance, à d'autres cultures, à différentes communautés. Mais cet accès, lui, est-il pensé pour toutes les couches de la population ? Chez les personnes déficientes visuelles par exemple, il est difficile de consommer la Toile avec la même rapidité et fluidité que l'internaute lambda.

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Lorsque l'on est aveugle, on surfe avec une plage braille, ce dispositif électro-mécanique conçu pour afficher en temps réel les caractères braille. "En gros, je m’en sers comme d’un clavier, mais surtout comme d’un écran. Je lis Internet avec ça si vous voulez", racontait en 2014 Hélène, 39 ans, pour expliquer à la revue Nichons-nous dans l'Internet comment elle utilise Internet. Voilà à quoi cela ressemble : 

L'appareil peut également être assorti d'une fonction vocale, qui récite Internet à voix haute pour son utilisateur. Maintenant que l'on sait ça, on peut conclure sans mal que plus un site aura une construction limpide, plus il sera simple pour l'internaute déficient visuel de s'y retrouver. Car à chaque fois que ce dernier découvre un site, il doit d'abord se familiariser avec son arborescence : comment il est structuré, où se situe le menu, le titre, la photo, etc. Les publicités intempestives, elles, représentent un frein à chaque navigation. 

Le site de la Fnac, très parcellaire, est une véritable tannée pour les non-voyants

Une fois qu'il a compris l'organisation d'un site, l'internaute déficient visuel aura beaucoup plus de facilités à s'y balader la fois d'après. Les développeurs de sites ont donc tout intérêt à éviter les sites en flash ou encore le rafraîchissement automatique – intéressant pour les sites d'information qui veulent gonfler leur audience, mais infernal pour les personnes déficientes visuelles. Car le non-voyant n'a jamais une vision globale de la page sur laquelle il se trouve : il ne peut que la comprendre par petits bouts, qu'il assemble lui-même pour comprendre l'environnement qu'il est en train de visiter. À ce propos, il se dit par exemple que le site de la Fnac, très parcellaire, est une véritable tannée pour les non-voyants. Pour adapter votre site aux mal-voyants, vous pouvez consulter ces conseils du WAI (Web Accessibility Initiative).

Lire les images dans un monde toujours plus visuel

Heureusement, la question de l'accessibilité commence à être prise en compte ci et là. Ainsi, sur Twitter, une fonction d'accessibilité aux images a été déployée en 2016 : elle permet à quiconque ne pouvant pas voir une image de bénéficier d'une légende, comme le rapporte cette note de blog du réseau social. Dans les paramètres et confidentialité > accessibilité, vous pouvez cocher une case "rédigez des descriptions d’image" permettant d’écrire jusqu’à 420 caractères d’information sur la photo.

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Capture d'écran

À l'heure où la communication passe souvent par les images, ne pas penser à les "traduire" pour tous revient à interdire à une audience de faire partie des discussions. "J'utilise Twitter et je suis aveugle. Nous sommes beaucoup dans ce cas. Augmentez votre capacité à nous atteindre et aidez-nous à comprendre vos photos, c'est très simple et ça fait une énorme différence pour notre expérience de Twitter", demande cet internaute :

Ce n'est pas tout. S'il est parfois tentant de mettre des formes et des couleurs à son pseudonyme Twitter via des emojis, il faut avoir en tête que les utilisateurs de plage braille, eux, se voient imposer une lecture plus longue du nom d'utilisateur. "Savez-vous que les emoji et la ponctuation dans vos pseudos Twitter sont lus à voix haute par des lecteurs ? Si lire votre pseudo me prend plus de temps que lire votre tweet, je vais forcément scroller. S'il vous plaît, pensez à ça avant d'ajouter plein d'emoji à tout et n'importe quoi", fait remarquer cette internaute déficiente visuelle.

Alors, à quand des contenus en ligne prenant davantage en considération les non-voyants ? Pour ces personnes, Internet est un incroyable moyen de se rattacher au monde. Plus pratique que des livres, qui, une fois traduits en braille, sont plus volumineux, le Web a l'avantage de pouvoir être scanné via les codes HTML directement transformés en entrées et sorties Braille ou vocale.

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