L'année a été assez belle dans le monde de l'espace pour alpaguer les curieux et captiver les adeptes. Pour ne rien louper de ce qui se trame en 2018, voici un calendrier des événements à venir, agrémenté de notre petite sélection maison.

En 2017, l’entreprise d'astronautique SpaceX a lancé 18 fusées à elle seule, autant que la Chine. Son fondateur, Elon Musk, est le sixième homme le plus admiré des États-Unis, derrière Barack Obama et devant Bill Gates. En France, la fascination autour du séjour dans l'ISS de Thomas Pesquet ne faiblit pas, tandis que les Russes veulent y construire un hôtel de luxe. En somme, nous avons eu une belle année pour l'exploration spatiale et cela va encore s'amplifier en 2018.

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Le New York Times a donc décidé de créer un calendrier du "système solaire" sur Google Agenda, pour permettre à chacun d'être au courant des grands événements spatiaux de 2018. Il suffit de faire un tour sur ce lien pour le synchroniser avec votre agenda. L'ensemble de la sélection du New York Times est également visualisable ici.

Mashable FR a décidé d'ajouter son petit grain d'astéroïde à cette sélection en vous proposant les cinq événements spatiaux à ne pas manquer cette année.

Janvier – le lancement de la Falcon Heavy de SpaceX, "fusée la plus puissante du monde"

Avec un poil de retard (cinq ans), on y est presque. Tout s’accélère pour la Falcon Heavy de SpaceX ce mois-ci. Le monstre de 1 421 tonnes et 70 mètres de haut aux 27 moteurs est bien installé sur sa rampe de lancement. La fusée rentre dans sa phase de tests, avec l’allumage des moteurs, la stabilité de l’ensemble, etc. On pourrait s’attendre à un lancement inaugural vers la fin du mois de janvier.

Cette fusée, décrite comme la plus puissante sur le marché, décollera avec à son bord un Tesla Roadster, la voiture de sport électrique également propulsée par Elon Musk. Une fois opérationnelle, la fusée devrait servir à envoyer de très lourdes charges en orbite autour de la Terre, voire plus loin. Le lanceur pourrait également être utilisé pour des vols spatiaux touristiques.

Youtube / SpaceX

La Falcon Heavy est en train de devenir une vraie mascotte de l’espace et son décollage, attendu depuis des années, sera sans aucun doute l'un des évènements spatiaux les plus suivis en 2018.

2018 – Une année cruciale pour Blue Origin et le tourisme spatial

Elon Musk peut twitter à foison ou même envoyer un Tesla Roadster vers Mars ou le Soleil (pourquoi pas hein), il sait que Jeff Bezos n'est pas loin et qu'il travaille dans son coin sur la New Shepard, un véhicule de sa société Blue Origin.

Destinée à effectuer des vols suborbitaux et touristiques, le projet New Shepard est sans doute moins ambitieux que celui de la Falcon Heavy. Mais la New Shepard est déjà entrée véritablement dans une phase d'essais concrète. En décembre, une New Shepard avait envoyé un mannequin à 100 kilomètres d’altitude pour un vol de 11 minutes. C'était aussi l'occasion pour Blue Origin d'essayer sa nouvelle Crew Capsule 2.0. De quoi faire l’expérience de l’apesanteur, sans toutefois aller se balader en orbite.

Youtube - Blue Origin

En 2018, l'entreprise a donc prévu de réaliser une phase d'essais en embarquant, pour la première fois, des pilotes et des ingénieurs dans sa capsule. Pour s'assurer que tout fonctionnement correctement, avant l'envoi de touristes dans l'espace en 2019.

Mars – Le Google Lunar X Prize atteint sa dead line

Youtube / Google Lunar X Prize

La compétition lancée par l’association X Prize et parrainée par Google traîne depuis maintenant dix ans. Cinq équipes sont en concurrence pour remporter jusqu’à 20 millions de dollars. Le concours a pour but d’encourager des équipes d’ingénieurs et scientifiques du monde entier à travailler sur des méthodes d’exploration spatiale à bas coût.

L'objectif est de faire atterrir un véhicule spatial sur la Lune, afin qu'un rover (robot) puisse y faire une promenade et récupérer des photos et vidéos de l'environnement en haute définition. Ceci dit, la deadline a été repoussée plusieurs fois, et il se pourrait tout à fait qu’elle le soit à nouveau. Si ce n’est pas le cas, il est probable qu’aucune des cinq équipes encore en lice n’effectue sa mission lunaire. Deux des cinq équipes n'ont reçu aucun financement et si elles échouent à remporter la coquette somme rapidement, les projets pourraient tout simplement être annulés. Résultats prévus le 31 mars.

Les cinq équipes encore dans la course :

  • SpaceIL (Israël)

  • Synergy Moon (équipe internationale)

  • TeamIndus (Inde)

  • HAKUTO (Japon)

  • Moon Express (USA)

Mai – La NASA envoie InSight pour sonder Mars

Youtube / CNES

La NASA va envoyer le vaisseau InSight, qui aura pour mission d'étudier les profondeurs de la planète rouge. Le but de la manœuvre est d’en apprendre plus sur l'activité sismique de Mars. Pour cette étude, l’atterrisseur InSight "écoutera" les mouvements sismiques de Mars et ses vibrations. D’autres outils permettront également d’étudier l’activité thermique de la planète, sa vitesse de rotation, etc.

Grâce aux donnés récoltées, les scientifiques veulent également reconstituer le processus de formation et d'évolution des planètes rocheuses du système solaire, comme Mars donc, mais aussi la Terre, Mercure ou Vénus.

L’engin devrait décoller le 5 mai et poser ses pattes sur place six mois plus tard, le 26 novembre 2018.

Juillet - Un vaisseau va prendre un bain à 1 400 degrés pour analyser le soleil

"Une mission pour toucher le Soleil", c’est l’objectif du Parker Solar Probe de la NASA : un vaisseau emmitouflé dans une manteau d’alliage carbone épais de 11,5 centimètres qui ira analyser les vents solaires, ces flux d’ions et d'électrons, qui sont envoyés à vitesse grand V dans l’espace par le Soleil. Pour parvenir jusqu’à notre étoile, le vaisseau profitera de la force d’attraction de Vénus pour prendre de la vitesse, jusqu’à atteindre la couronne solaire, d’où il pourra effectuer ses mesures.

Youtube / NASA Goddard

Grâce à cette technique d'assistance gravitationnelle (l'attraction de Vénus donnant de la vitesse à la sonde), l’engin spatial devrait devenir le plus rapide de l’histoire, selon le CNES. Il sera également le premier à étudier les vents solaires directement sur place. Grâce au bouclier thermique du vaisseau, l'habitacle contenant les outils de mesure devrait rester à température normale, tandis qu’il fera près de 1 400°C à l’extérieur.

Départ prévu le 30 juillet prochain pour une arrivée en 2024.

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