Début 2016, la Chine a perdu le contact et le contrôle de la station Tiangong-1. Celle-ci se rapproche progressivement de la Terre, et s’y écrasera inévitablement.

Une partie des 8 500 kilos de Tiangong-1 ("Palais céleste"), première station spatiale chinoise, vont bientôt s’écraser sur Terre. Elle avait été mise en orbite en septembre 2011 et sa mission s'était achevée en mars 2016. Mais dans les semaines qui ont suivi, l’agence spatiale nationale chinoise (CNSA) a perdu le contact avec le module, comme nous vous en parlions en septembre 2016.

VOIR AUSSI : Il existe un cimetière des objets spatiaux au milieu de l'océan Pacifique

Des satellites et autres objets spatiaux qui reviennent vers la Terre, ce n’est vraiment pas exceptionnel. En règle générale, les objets et débris se désintègrent entièrement pendant leur entrée dans l'atmosphère. Ce qui est différent ici, c’est que l’objet fait partie de ceux qui sont assez gros pour qu’une partie "survive" à cette chute, et finisse par s’écraser sur notre planète.

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Des taïkonautes en direct de la station en 2013.
AP

Pour ce qui est de savoir quand, la fourchette est plutôt large : mi-mars 2018, à plus ou moins deux semaines.

Pour ce qui est de savoir , la fourchette est… ultra large : "entre le 43e parallèle sud et le 43e parallèle nord", selon l’Aerospace Corporation, qui mène des recherches sur les missions spatiales.

Les estimations seront plus précises quelques jours seulement avant le crash.

Un risque infime

La CNSA a estimé à 0,01 % la probabilité que des dégâts soient causés par la chute de la station : il est "très peu probable que les débris atteignent des personnes ou cause des dommages matériels". Même si la rentrée de la station ne sera pas contrôlée, elle semble se diriger vers une zone majoritairement océanique, ou non habitée. La majeure partie du temps, les entrées sont contrôlées de manière à se désintégrer entièrement, où à se crasher par exemple dans l'Atlantique, au fond duquel un cimetière de débris spatiaux existe. Jusqu’au jour J, les agences spatiales seront très attentives aux mouvements de la station.

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Les débris de la station s'écraseront sur Terre entre le parallèle 43 nord et le parallèle 43 sud. Si la zone paraît grande, les chances de toucher une zone terrestre et habitée sont très maigres.
Mashable

Des éléments dangereux, toxiques et corrosifs pourraient survivre au voyage, comme l'hydrazine.

Sur le poids et la taille des débris, on ne risque pas de voir s’écraser une tonne entière à la vitesse grand V. Ce qui restera de la rentrée atmosphérique de Tiangong-1 sera dispersé sur une grande zone, en débris de différentes tailles, comme sur cet extrait. S’il faut bien faire attention à quelque chose, c’est de ne pas toucher, ou s’approcher des débris qui viennent de tomber. Des éléments dangereux comme l’hydrazine, un produit très toxique et corrosif contenu dans le carburant qui alimente les moteurs, pourraient survivre au voyage. 

En tout état de cause, personne n’a jamais été blessé par des débris spatiaux. La station Mir, 120 tonnes, a connu le même sort que Tiangong-1, sans causer de dégâts. Si l’entrée atmosphérique de Mir était contrôlée, celle de la station américaine Skylab, 70 tonnes, en 1979, ne l’était pas. L’Aerospace Corporation tient une page statistique sur les débris spatiaux, avec un historique des plus lourds d’entre eux.

Et si vous inquiétez de voir Tiangong-1 vous tomber sur la tête, vous pouvez vous-même suivre sa trace ici.

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