Un ordinateur, un site de location en ligne et un peu d'imagination : voilà des ingrédients suffisants pour blanchir de l'argent sale sans bouger de son canapé, après avoir volé des cartes bleues.

Edit du 12/12 : Après une convocation à Bercy, Airbnb a promis de retirer sa carte soupçonnée de favoriser le blanchiment d'argent. Le directeur France d'Airbnb, Emmanuel Marill, "s'est engagé à ce que l'entreprise renonce à toute utilisation de la carte prépayée 'Payoneer' sur le marché français", a fait savoir Bercy dans un communiqué, qui précise également que «cette décision responsable permet d'écarter toute opportunité de fraude ouverte par l'utilisation de ce mode de paiement". 

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Pour les criminels en ligne, les places de marché (que l'on appelle plus communément les "market places") sont de véritables repaires à trafic. Ce constat se vérifie également sur Airbnb.

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Une enquête du Daily Beast révèle que des escrocs russes utilisent la plateforme communautaire de location pour blanchir de l'argent. Un moyen pour eux de transformer des sommes de cartes de crédit volées grâce à la participation d'hôtes corrompus. Ces derniers sont recrutés sur des forums fréquentés par les malfaiteurs, comme le site Web d'information américain a pu le constater en consultant un certain nombre de récents posts cherchant des internautes volontaires.

"On fait 50/50"

La manœuvre est simple : les voleurs feignent de réserver un logement, la transaction a lieu avec les propriétaires mis dans le coup, lesquels renvoient la somme à laquelle ils retirent une commission. Pendant ce temps-là évidemment, personne ne se déplace réellement dans les lieux loués, indique l'expert en cybersécurité Rick Holland à Daily Beast.

"On fait 50/50", peut-on lire dans un post de forum russe mis en ligne par un escroc. "Vous recevrez l'argent deux jours après la date de réservation", promet un autre. Un troisième post fait mention d'une recherche de volontaires sérieux et désireux de faire passer de 1 000 à 3 000 dollars à chaque transaction.

Du côté de Airbnb, qui prend environ 3 % de commission par transaction, le ton se veut rassurant. "Nous disposons d'un système de détection en temps réel qui comptabilise chaque réservation Airbnb à l'avance en fonction des risques. À l'aide du machine learning et de l'analyse prédictive, les modèles évaluent instantanément des centaines de signaux afin de mettre fin à toute activité suspecte", explique Nick Shapiro, responsable mondial de la gestion des risques et de la confiance chez Airbnb, au Daily Beast.

Pour l'heure, il est difficile de mesurer l'étendue exacte du blanchiment d'argent russe sur la plateforme de location entre particuliers. Mais Airbnb ou pas, il est évident que les market places sont des endroits privilégiés pour offrir une nouvelle vie aux fonds d'origine illicite.

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