La plateforme Civil veut payer les journalistes en crypto-monnaie. Objectif : laisser les lecteurs directement rémunérer ceux qu'ils aiment lire. Sans intermédiaire, ni publicité.

"Où sont passées les promesses de la blockchain ?", se demandait-on il y a quelque mois, à propos du système d'échanges décentralisé qui se cache derrière le bitcoin.

Alors qu'on promettait à cette technologie de stockage et de transmission d’informations un avenir fait de révolutions, Claire Balva de Blockchain France faisait remarquer à Mashable FR qu'il faut comparer la blockchain à Internet et la suite de protocoles TCP/IP en son temps : elle n'est pas "une technologie disruptive en elle-même" mais va permettre "l'arrivée de services disruptifs".

VOIR AUSSI : La "Blockchain vaisselle", une installation pour comprendre la technologie Blockchain

C'est peut-être ce qui est en train de se produire, notamment avec l'annonce de l'arrivée de la blockchain dans un nouveau secteur : celui des médias. La plateforme Civil, qui vient de lever 5 millions de dollars, a pour ambition de constituer une nouvelle place de marché journalistique.

"Le quatrième pouvoir tel que nous le connaissons est en train de mourir", peut-on lire dans un texte présent sur la page d'accueil de Civil. "Et si l'actualité était gérée par les lecteurs eux-mêmes ?", propose la plateforme qui pense que la blockchain "peut offrir une nouvelle façon" d'appréhender l'information.

civil.jpg
Civil

L'idée est simple : se servir de la blockchain pour permettre aux lecteurs de rémunérer directement en crypto-monnaie les journalistes qui traitent de sujets qu'ils veulent soutenir. Transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle, la blockchain permettrait ici de se passer d'intermédiaires entre le lecteur et le journaliste.

Une forme de "circuit court" de l'information

Sécuriser des transactions entre deux parties que sont les lecteurs d'un côté et les journalistes de l'autre ? La blockchain a tout pour permettre à un système de production de l'information d'exister sans organe central, à savoir les rédactions. Pour cela, il suffirait que sur une place de marché puissent se rencontrer des lecteurs prêts à financer des sujets d'enquête et des journalistes prêts à investiguer sur ceux-ci. Au milieu, une crypto-monnaie (ici, les CVL tokens) afin de rétribuer le travail effectué.

Avec une telle organisation, les intérêts des deux parties ne peuvent qu'être clairs. Surtout, ils évitent à l'information de devoir transiter par un lieu tiers où les conflits d'intérêts et le poids de régie publicitaire pourraient corrompre l'exercice journalistique.

À l'heure où les fake news et le manque de rentabilité des entreprises de presse chamboulent les médias, la blockchain pourrait bien dessiner les contours d'une nouvelle presse libre et indépendante. À condition qu'un système comme Civil gagne en popularité et s'impose réellement dans le paysage.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.