La diffusion sur Internet de contenus sexuellement explicites sans le consentement de celui ou celle qui y figure va-t-elle enfin arriver à l'agenda des gouvernements ? L'Australie ouvre la voie avec le déploiement d'un portail national.

C'est un défi sans fin que rencontre les différents acteurs d'Internet : contrer le "revenge porn", cette pratique de "revanche pornographique" qui consiste à se venger de quelqu'un en divulguant ses photos au contenu sexuellement explicite – et cela, sans son consentement.

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Alors que Facebook, Twitter, Google, Microsoft et Reddit ont déjà déployé des moyens de supprimer rapidement ces contenus indésirables, c'est aujourd'hui au tour du gouvernement australien de se saisir de la question. Un portail national destiné à recueillir des signalements a été lancé.

En 2016, l'Australie avait déjà dégagé pour le développement de ce projet. Aujourd'hui, une telle plateforme a l'ambition d'offrir aux citoyens les clés pour reporter photos et vidéos indésirables et mener la procédure pour signaler cela à la police. Le site permet également d'être mis en relation avec d'autres personnes ayant subi le même genre d'incidents numériques, afin de trouver soutien et réconfort. Pour l'État, c'est également l'occasion de mener une expérience pilote afin de voir combien de requêtes il reçoit. Selon une récente étude conduite par le RMIT, un Australien sur cinq a déjà été victime de partage de photos non consenti.

En France, la loi pour une République Numérique comporte un amendement sur la pénalisation du "revenge porn". La peine encourue est portée à deux ans d'emprisonnement et 60 000 euros d'amende. Avant elle, cette pratique était vue comme une atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui et donc, puni par un an de prison et 45 000 euros d’amende.

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