Le ministre de l’Économie a lancé, lundi, le nouveau label de la France industrielle, baptisé French Fab. Une marque pour tenter d'égaler la French Tech, qui englobe ceux qui s'engagent pour la croissance des start-up françaises dans le monde.

Après la French Tech (les start-up), la French Touch (pour le luxe), le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a introduit la French Fab, mardi 2 octobre à Bercy. Ce nouveau label de la famille du made in France concerne exclusivement l’industrie, de la petite PME aux grands groupes. Il est porté par la Banque publique d’investissement (BPI).

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L’annonce ne pouvait mieux tomber pour mettre une pincée de positif dans une actualité industrielle plutôt mouvementée pour le gouvernement. Celui-ci s’est attiré des critiques, ces derniers jours, pour sa gestion de deux dossiers sensibles : le rapprochement entre Alstom et Siemens dans le secteur ferroviaire, jugé avantageux pour le conglomérat allemand, et le rachat de la moitié du capital des chantiers navals de Saint-Nazaire par l’Italien Fincantieri, entériné jeudi 27 septembre. C'est que le secteur doit chercher de l'aide à l'extérieur.

Coq bleu contre coq rouge

La French Fab veut, au contraire, promouvoir une industrie française “exportatrice et qui gagne des parts de marché à l’international”, a affirmé Philippe Varin, le patron d’Areva, l’un des parrains du nouveau label. Un peu à l’image de la French Tech, qui s’est imposée sur la scène internationale.

“Redonner un élan à l’industrie nationale”

La French Fab emprunte d’ailleurs beaucoup à son illustre prédécesseure et pas seulement le coq (rouge pour la French Tech et bleu pour le nouveau label) comme emblème. L’une est ouverte à toutes les start-up, l’autre à tous les acteurs du secteur industriel à condition de remplir quelques conditions suffisamment floues pour ratisser large (être innovants, “jouer collectif”, viser l’exportation ou encore se “digitaliser”). Les deux labels sont aussi avant tout des marques pour fédérer les entreprises sous une même bannière face à la concurrence internationale. La French Tech a, ainsi, gagné son pari de la visibilité : la France avait la deuxième plus importante délégation (après les États-Unis) lors du dernier salon high-tech du CES de Las Vegas.

L’industrie espère faire de même au salon de l’industrie de Hanovre en avril 2018. Un stand French Fab de l’autre côté du Rhin suffira-t-il à “redonner un élan à l’industrie nationale”, comme l’a souhaité Bruno Le Maire lors de la présentation de la French Fab ? Le secteur en a bien besoin : en 15 ans, il a perdu près d’un million d’emplois et ne pèse plus que 12,5 % du PIB contre plus de 16 % au tournant du XXIe siècle.

“Mittelstand” mon amour

“Mais si on regarde de plus près, l’industrie de pointe progresse en France et il faut miser sur ce haut de gamme”, a insisté Bruno Le Maire. Le ministre souhaite que la French Fab deviennent la vitrine de cette élite de l’industrie française et non pas “du moyen de gamme”. Pour ce faire, il mise sur des accélérateurs pour PME et ETI (établissements de taille intermédiaire) qui ressemblent aux campus de start-up, comme la Station F. Le patron de Bercy aspire à ce que 4 000 petites et moyennes entreprises soient ainsi prises en charge dans des pépinières réparties un peu partout sur le territoire d’ici quatre ans, pour les préparer à devenir des champions de l’export.

C’est la spécificité de la French Fab : que ce label devienne le moteur d’un tissu industriel hexagonal qui repose sur les entreprises exportatrices de taille moyenne… à l’image du “Mittelstand” germanique. Un terme qui désigne les plus de 11 000 ETI allemandes hyper-dynamiques et compétitives qui font trembler le commerce international. Tous les participants à la présentation du nouveau label se désolaient de voir le retard français en la matière, avec ses 4 000 entreprises exportatrices de taille moyenne.

Un “Mittelstand” à la Française et tout pour le très haut de gamme, telles sont les ingrédients qui empêcheront, d’après Bruno Le Maire, la France de finir comme “elle est dépeinte dans les romans de Houellebecq”, entre le désert industriel de "L’extension du domaine de la lutte" et le parc d’attraction de "La carte et le territoire".

– Article initialement publié sur le site de France 24.

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