Alors que la section mobile de HTC pourrait annoncer officiellement dans les heures à venir son rachat par Google, les experts et aficionados de la marque s'interrogent sur le destin de l'entreprise taïwanaise si elle devait appartenir à Mountain View.

Les bruits de couloir s’intensifiaient depuis plusieurs semaines : HTC, ou du moins une partie de l’entreprise, pourrait être racheté par Google. Ce mercredi, il semble que les choses soient en passe de s’accélérer. Plusieurs journalistes affirment avoir obtenu des informations selon lesquelles la firme taïwanaise bloquait les transactions sur son action en vue d’une "annonce majeure".

VOIR AUSSI : Blind, l'appli privée où se bouscule tout le petit monde de la Silicon Valley

Tim Culpan, du bureau de Bloomberg à Taipei, assure avoir été mis dans la confidence par le Taiwan Stock Exchange lui-même. Toutefois, on peut à ce stade estimer que s’il s’agit bel et bien d’une annonce de rachat, elle pourrait tout autant concerner un autre repreneur que Google. 

C'est ici qu’intervient Evan Blass, le leaker le plus prolifique du moment, aujourd’hui devenu reporter pour VentureBeat : ce dernier atteste avoir reçu directement de la part d’un employé de HTC un mémo interne évoquant une réunion autour de "l’acquisition par Google".

De son côté, HTC a fait savoir dans un communiqué qu’il se refusait à commenter "les rumeurs ou les spéculations sur le marché". Mais au regard de la situation financière alarmante dans laquelle est plongée depuis un an l’entreprise, qui peine à trouver sa place sur un marché des smartphones toujours plus exigeant et saturé, il semble qu’une acquisition lui serait salutaire.

Une association assez naturelle

Si toutes ces spéculations venaient à se confirmer demain, on pourrait honnêtement parler d’une bonne nouvelle pour HTC, en mauvaise posture, comme pour Google, qui bénéficierait de son côté du savoir-faire industriel incontestable du taïwanais en matière de construction de smartphone. Le HTC U11 "pressable", dernier né de la marque, a d’indéniables qualités (malgré ses imperfections), mais surtout le mérite de proposer quelque chose de nouveau au consommateur.

Si Google rachète cette section mobile, les fans de HTC devront croiser les doigts pour que le "raté Motolorola" ne se réitère pas

Par ailleurs, le lien entre HTC et Google n’a rien de nouveau, puisque le premier a travaillé avec le second à la conception du Nexus 9 en 2014, mais surtout à celle du Pixel en 2016, smartphone de Mountain View. Des rumeurs laissent également entendre que les deux entreprises ont également collaboré sur le Pixel 2, qui devrait être dévoilé le 4 octobre prochain. LG, en revanche, aurait pris en charge la construction du Pixel XL de deuxième génération.

Toujours d’après Evan Blass, cet éventuel rachat concernerait la division "smartphone" de la firme, et non le secteur de la réalité virtuelle, sur laquelle HTC fait équipe avec Vive. Une décision qui pourrait ainsi largement faire sens et mettre fin à la suffocation de HTC, tout en offrant à Google des ressources industrielles supplémentaires à la production de ses propres téléphones, et probablement quelques brevets dans la foulée.

Mais si Google rachète bien cette section mobile, les fans invétérés de HTC devront croiser les doigts pour que la marque mobile ne connaisse pas le même destin que Motolorola : en 2011, Google avait acquis le constructeur américain pour 12,5 milliards de dollars, avant de le revendre à Lenovo à l’état mortifère pour la somme de… 2,91 milliards de dollars. Gardant tout de même au passage bon nombre de brevets et d'idées.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.