Is Mickey watching us ? À en croire de nombreux consommateurs américains, oui. Ces derniers accusent Disney de collecter les données de ses utilisateurs mineurs depuis plusieurs applications de jeux, et ce sans le consentement de leurs parents.

C’est une mère de famille californienne qui a donné l’alerte. Amanda Rushing assure que Disney a secrètement collecté les données personnelles de sa fille, amatrice du jeu "Disney Princess Palace Pets", disponible sur iOS et Android.

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Par le biais de logiciels de tracking intégrés dans 42 de ses applications mobile, développées par les sociétés Upsight, Unity et Kochaval, la firme collecterait des informations sur les mineurs dans le but de les revendre à des publicitaires. Et ce, sans recueillir le consentement de leurs parents, assurent les avocats de la jeune femme, à l'origine d'un recours collectif déposé jeudi 3 août auprès d’un tribunal californien.

La loi requiert l’autorisation parentale avant toute collecte de données d'utilisateurs de moins de 13 ans

Les données suspectées d’être collectées sont relatives à la géolocalisation, à l’adresse IP ou à l’identité personnelle des utilisateurs, entre autres. Toujours selon les avocats, cette pratique viole le droit à la vie privée des mineurs, selon le Children's Online Privacy Protection Act (COPPA). Votée en 1997 par le Congrès, cette loi oblige en effet tout service en ligne à demander l’autorisation parentale avant de collecter les données des utilisateurs âgés de moins de 13 ans.

"Il s’agit de technologies très poussées développées par des industriels et entreprises puissantes spécialisées dans la collecte et l’analyse de données. Leur rôle est de tracker et de monétiser les individus", affirme au Washington Post Jeffrey Chester, de l’organisme de surveilllance  Center for Digital Democracy. "Elles n’ont pas leur place dans des applications pour enfants."

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Disney

Au total, 42 applications et trois logiciels (Upsight, Unity et Kochava) sont épinglés par ce recours, rapporte The Verge. Disney assure de son côté ne rien avoir à se reprocher : "[Nous sommes] soumis à un programme solidement respectueux de la COPPA, et nous maintenons une collecte stricte des données et des politiques sur les applications créées pour les enfants et les familles", affirme l’entreprise dans un communiqué.

Si la justice tranchait en faveur d’Amanda Rushing, Disney pourrait alors se voir ordonner de payer une amende qui ne serait malheureusement pas la première en la matière. En 2011, Playdom, une filiale de l’entreprise, avait déjà été condamnée par la Federal Trade Comission à verser 3 millions de dollars pour avoir illégalement recueilli les données personnelles de "centaines de milliers d’enfants".

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