Google vient d'allouer 50 millions de dollars à différentes associations travaillant sur la formation et la reconversion professionnelles des personnes dont les emplois seront bientôt détruits par les nouvelles technologies... imaginées par Google.

La branche philanthropique de Google vient de lancer une bourse de plusieurs millions de dollars pour soutenir les travailleurs touchés par l'automatisation de l'industrie.

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L'organisation Google.org a annoncé le 26 juillet avoir mis de côté 50 millions de dollars pour financer des associations de formation professionnelle et de soutien aux travailleurs précaires, afin d'anticiper l'automatisation du marché du travail dû aux nouvelles technologies et à l'intelligence artificielle, qui pourraient mettre de très nombreux travailleurs au chômage.

"Nous voulons nous assurer qu'autant de personnes possibles pourront profiter des nouveaux métiers, secteurs et opportunités qui émergent – et qu'on n'aurait pu imaginer il y a quelques années", explique Jacqueline Fuller, présidente de Google.org, dans la publication.

Soutenir la formation professionnelle et la recherche d'emploi

Parmi les groupes qui bénéficieront de ce fonds, Jacqueline Fuller a cité trois associations à but non lucratif qui ont toutes pour mission de réorganiser ou compléter les services sociaux de recherche d'emploi grâce à la technologie. Code For America a pour mission de donner à plus de personnes en recherche d'emploi un accès aux services de recherche du gouvernement. Le projet Bayes Impact veut lui utiliser le machine learning pour assister les citoyens français dans leur recherche d'emploi. Enfin Social Finance crée des programmes de formation professionnelle efficaces pour les jeunes.

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Plus traditionnellement, Google.org va aussi soutenir le National Domestic Workers Alliance, qui propose un service payant mensuel permettant de soulager les employés de maison qui peuvent connaître des difficultés en période d'inactivité.

Google.org garde près de 2 millions de dollars sur les 50 prévus pour sa propre recherche dans ces domaines. L'entreprise veut mieux comprendre "ce dont la population active mondiale en pleine mutation va avoir besoin dans les années à venir, et comment la technologie peut produire des résultats positifs pour les travailleurs".

Google, leader dans la destruction d'emplois

Comme Recode le souligne, l'annonce néglige de mentionner le rôle de Google lui-même dans cette menace qui pèse sur les emplois humains. Entre ses voitures sans chauffeur et son investissement dans l'intelligence artificielle sous diverses formes, l'entreprise Alphabet (qui gère Google) mène métaphoriquement la charge vers un avenir automatisé, robotisé, où les êtres humains non qualifiés auront de plus en plus de difficultés à trouver un emploi.

Malgré ce paradoxe, le groupe reste clair sur l'impact de la robotisation pour le monde du travail. Google précise que plus d'un tiers des emplois, dans un futur proche, impliqueront des compétences qui sont encore rares aujourd'hui. Et la nature de plus en plus solitaire du travail moderne a mis une distance entre les travailleurs et les carrefours de soutien social comme les syndicats.

Lors de l'annonce publique de Google.org, à Washington, de nombreux acteurs de cette cause étaient présents, donc Mark Warner qui milite pour fournir une couverture santé à tous les travailleurs américains. "Nous sommes passés de cette vision traditionnelle dans laquelle on travaille pour la même entreprise pendant 30 ans à cette vision, propre aux millenials, où la question n'est plus "Où travailles-tu ?" mais "Sur quoi travailles-tu ?"", a expliqué l'homme politique américain, ancien gouverneur démocrate de Virginie, cité par The Hill.

Google a aussi récemment alloué 50 millions de dollars à un autre fonds en faveur de l'éducation. Avec ces deux initiatives réunies, le géant de Mountain View réalise son effort philanthropique le plus ambitieux jusqu'ici, selon Jacqueline Fuller.

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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