Le fossé entre riches et pauvres ne fera que se renforcer avec l'irruption de l'intelligence artificielle dans les secteurs professionnels, affirment des chercheurs britanniques de l’association Sutton Trust.

La mobilité sociale, déjà en régression, risque de prendre un sacré coup. La faute à l’essor du Big Data, des objets connectés et de l’intelligence artificielle, affirment des chercheurs. Dans une nouvelle étude de l’association spécialisée dans l'éducation Sutton Trust, publiée mercredi 12 juillet, ils alertent contre la quatrième révolution industrielle et ses modes de production "intelligents", qui va considérablement creuser le fossé entre les riches et les pauvres.

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Et ce, pour plusieurs raisons. On savait les classes populaires en première ligne des emplois menacés par l’automatisation. La demande dans les secteurs du secrétariat juridique ou médicale, par exemple, va chuter dans les années à venir à mesure que l’intelligence artificielle sera de plus en plus capable de réaliser des tâches administratives. Plus largement, les métiers faisant appel à des tâches physiques répétitives, qui requièrent moins d’émotion et de créativité seront les plus vulnérables, expliquait aussi Numerama. Reste que d’autres secteurs plus qualifiés sont aussi concernés comme nous l’a rappelé Google qui vient de financer un média dont tous les articles seront produits par des robots.

Le poids croissant des soft skills

Mais dotés en capital social et culturel, les plus riches auront au moins de leurs côtés plus de facilités à changer d’emploi et intégrer des formations pour se réorienter professionnellement. Ils seront également avantagés en termes de soft skills, les compétences non-techniques que peuvent être la confiance en soi et l’assurance, expliquent les chercheurs. Ces compétences vont peser de plus en plus lourd sur le marché du travail, alors que les compétences plus administratives et techniques seront dévalorisées face à l'intelligence artificielle.

Jackpot pour les grandes entreprises

Avec l'automatisation, la concentration des richesses aux mains des 1 % ne fera que se renforcer. Les grandes entreprises qui adopteraient l’intelligence artificielle ressortiraient grandes gagnantes et pourraient en dégager des profits exorbitants. "Imaginons qu’Uber adopte demain les voitures autonomes et remplace ses chauffeurs par des robots, qu’Apple fabrique ses produits sans faire intervenir un seul humain, qu’une entreprise de crédit soit capable d’octroyer 30 millions de prêts par an en ayant besoin de faire travailler aucun homme", augurait d'ailleurs le New York Times, le mois dernier.

Évidemment, les chercheurs ne crient pas au scénario catastrophe et ne sont pas catégoriques : en détruisant des emplois, les nouvelles technologies contribueront à en créer d’autres et à transformer des emplois existants. Mais ce potentiel de création demeure difficilement quantifiable.

Si l'étude de Sutton Trust s’est basée seulement sur le marché du travail britannique au sein duquel 15 millions d’emplois seraient menacés, ses observations restent transposables aux autres pays développés. En mai dernier, trois analystes de l’institut McKinsley avaient estimé le nombre d’emploi menacés par l’automatisation en prenant en compte, cette fois, les particularités des économies nationales. En France, ce sont ainsi 43 % des activités qui pourraient disparaître.

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