Ethereum, Bitcoin... Les monnaies virtuelles de la blockchain ont le vent en poupe. Mais elles ont besoin de beaucoup, beaucoup d'énergie pour fonctionner.

Elles sont décentralisées, transparentes et complètements dématérialisées : les monnaies virtuelles qui reposent sur la technologie de la blockchain sont aussi extrêmement gourmandes en électricité.

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Selon le site Motherboard, le réseau Ethereum, principale cryptomonnaie concurrente du Bitcoin, consommerait autant d'électricité qu’un pays comme Chypre, soit environ 4,2 térawatt-heure. À chaque transaction en ether – l'unité de monnaie utilisée sur Ethereum – environ 45 kilowatt-heure seraient utilisés, soit l’équivalent de la consommation électrique d’un foyer américain pendant une journée et demie, ou encore de 7 000 transactions en carte bancaire VISA. Avec, par exemple, un peu plus de 250 000 transactions effectuées sur Ethereum pour la seule journée du mardi 27 juin, ça fait un paquet de kilowatt-heure envolés. 

Et ce n'est pas nouveau : en 2014, le réseau du Bitcoin avait déjà atteint une consommation électrique proche de celle d’un pays comme l’Irlande. Celles qu'on présente déjà comme le futur des échanges monétaires planétaires sont donc aussi des gouffres énergétiques. Et pour comprendre pourquoi l’Ethereum et le Bitcoin sont si gourmands, il faut se pencher sur la nature même de ce qui constitue la blockchain.

Comment fonctionnent les monnaies virtuelles ?

La blockchain, c’est une technologie qui permet de remplacer les intermédiaires classiques pour tous types de transaction – qu'il s'agisse d'envoi d’argent, d'échange de messages, ou encore d’électricité – par plusieurs intermédiaires décentralisés et transparents, via une monnaie virtuelle spécifique et liée à un réseau. L’Ethereum, ou le Bitcoin, reposent sur cette technologie.

Prenons l’exemple d’une transaction financière. Si vous n’êtes pas encore adepte du Bitcoin, vous utiliserez sûrement votre bonne vieille carte bleue pour payer en ligne. Vous commandez, passez à la caisse, et recevez votre achat quelques jours plus tard. Mais avant que votre argent n’atterrisse sur le compte bancaire du vendeur, il transite par un intermédiaire, généralement un opérateur de cartes bleues (VISA ou Mastercard).

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Sur les réseaux Ethereum ou Bitcoin, pas d’intermédiaire centralisé. Chaque transaction est publique et envoyée à un réseau d’ordinateurs indépendants – des particuliers ou des entreprises – répartis partout dans le monde. C’est eux qui sont chargés de stocker les transactions et de les vérifier. Chaque ordinateur connecté au réseau a payé son matériel et son électricité, et reçoit en échange une petite récompense – en ether ou en bitcoin – pour l’effort qu’il fournit. Des milliers d’ordinateurs connectés et, logiquement, un sacré paquet de kilowatts envolés au passage.

Le minage, ce gouffre énergétique

Pour établir une relation de confiance entre deux étrangers sur Internet – et au passage faire en sorte que la blockchain prospère – il faut que chaque transaction soit vérifiée par des participants du réseau. Tous seuls chez eux ou réunis en groupe, les "pool", c'est eux que l’on appelle les "mineurs" du réseau. Leur nombre, variable, est difficile à évaluer, mais à titre d'exemple, un des groupes de minage les plus importants, "ethermine", comptait plus de 46 000 mineurs actifs en date du 27 juin. Grâce à de puissantes cartes graphiques, aujourd'hui produites par des constructeurs qui ont senti le filon, ils fournissent au réseau la puissance de calcul de leurs ordinateurs en échange d’une récompense en monnaie virtuelle. 

Le problème, c’est que pour être de plus en plus sécurisés, et continuer à générer de la monnaie pour stabiliser leur taux, l’Ethereum et le Bitcoin ont besoin de plus en plus de "mineurs", et donc de plus en plus d’ordinateurs suréquipés, avec un puissant GPU. De fait, très gourmands en électricité.

Le réseau Ethereum – dont l'ether avoisinait un taux de change de 200 euros ce mardi 27 juin – serait en train de réfléchir à un algorithme de minage moins gourmand en électricité. Et le nouveau réseau favori de cryptomonnaie a bien raison car, à ce rythme-là, la monnaie libre pourrait rapidement se retrouver pieds et poings liés au réseau éléctrique et à ses fournisseurs.

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