Palmer Luckey, prodige de la réalité virtuelle et fondateur d'Oculus, vient de lancer une entreprise spécialisée dans le développement d'outils de surveillance. Son but ? Améliorer la sécurité des frontières.

Vous pensiez que Palmer Luckey, le fondateur d'Oculus et pionnier de la réalité virtuelle, allait juste disparaître avec son argent après avoir quitté Facebook ? Que nenni.

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Si certains articles avaient récemment fait état d'un futur projet lié au développement de jeux vidéo, une autre cause chère à son cœur semble finalement occuper son emploi du temps : le jeune entrepreuneur vient de fonder sa start-up de technologies de surveillance à application militaire, notamment pour assurer la sécurité le long des frontières nord-américaines. Cette information a été relayée le 4 juin par le New York Times, qui cite au moins "trois personnes proches" des projets de Palmer Luckey.

La new tech pour lutter contre l'immigration illégale

Cette start-up, dont on ne connaît pas le nom et qui se veut financée en partie par l'étrange libertaire Peter Thiel et son fonds Founders Fund, s'appuiera sur des technologies de surveillance utilisant le Lidar (la télédétection par laser, déjà utilisée pour faire rouler les voitures autonomes), des capteurs infrarouges et des caméras pour empêcher les passages illégaux à la frontière. "Nous dépensons plus que jamais dans nos technologies de défense, et pourtant le rythme de l'innovation est lent depuis des dizaines d'années", explique le jeune patron au New York Times, confirmant ainsi l'existence de cette nouvelle entreprise. "Nous avons besoin d'un nouveau genre d'entreprise de défense, le genre qui fera économiser de l'argent au contribuable tout en créant des technologies supérieures pour assurer la sécurité de nos militaires et nos citoyens."

Un fervent soutien de Donald Trump

Une telle initiative, de la part des autres grands acteurs de la tech, ne prendrait pas forcément la même teinte. Mais l'ancien fondateur d'Oculus est un soutien notoire de Donald Trump, tout comme son investisseur, Peter Thiel. Impossible de ne pas penser au fameux mur que le président américain veut construire à la frontière avec le Mexique. Jusqu'ici, ce dernier ne semblait être qu'une promesse de campagne, désormais noyée dans le chaos qui règne à la Maison Blanche. Mais aidé des services de Palmer Luckey, Trump pourrait bien plus facilement édifier un mur "virtuel" entre le Mexique et les États-Unis, empêchant quiconque de passer.

"Nous dépensons plus que jamais dans nos technologies de défense, pourtant le rythme de l'innovation est lent depuis des dizaines d'années"

Dans l'article, on apprend aussi que le jeune homme de 24 ans possède deux propriétés, à New York et en Californie, abritant des silos de missiles déclassés, et possède plusieurs véhicules militaires. Il rejoint donc l'excentrique liste des survivalistes de la tech prêts à dépenser des millions afin de se protéger en cas d'effondrement de la civilisation. Et si tous ces indices ne suffisent pas à convaincre que Palmer Luckey est le "Monsieur Frontière" du président américain, le New York Times rappelle qu'il a déjà rencontré Steve Bannon, proche conseiller de Donald Trump, pour discuter de l'usage possible des nouvelles technologies à la frontière.

En 2016, on apprenait déjà que Palmer Luckey finançait un groupe pro-Trump et anti-Clinton pendant la campagne. Suite à cela, le jeune acteur de la tech avait vaguement tenté de se faire plus discret dans la sphère politique. Si le projet de fermeture des frontières, largement condamné, finit par aboutir, il est à peu près certain que Palmer Luckey n'y sera pas pour rien.

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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