C'est la première fois que des forces de l'ordre se dotent de robots anthropomorphes aux capacités étendues. Heureusement, ces "robocops" ne seront pas armés. En tout cas pas dans l'immédiat.

Il y a bien longtemps que les policiers robots ont envahi la fiction et la culture pop. La police de Dubaï est la première à en mettre en service dans le monde réel.

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Le premier robot policier a rejoint les rangs de la police dubaïote dimanche 21 mai. Beaucoup d’autres doivent suivre dans les semaines à venir au point que les robots pourraient constituer 25 % des forces de l'ordre du pays en 2030.

Ils pèsent 100 kg pour 1 m 70, sont équipés d’un détecteur d’émotions visant à identifier les gestes ou les signaux de mains, et peuvent percevoir les émotions et les expressions du visage.

Des patrouilles robotisées

Ces robocops – ils n’ont apparemment pas de nom officiel – auront pour mission de patrouiller dans les rues de la capitale des Émirats arabes unis pour débusquer des malfaiteurs, notamment grâce aux vidéos qu’ils seront constamment en train de capter. Ils doivent également être capables d’aider les gens en cas de problème et de répondre à leurs demandes, notamment celles des touristes, puisqu'ils parleront neuf langues.

En somme, c’est un assistant robotique et zélé qui rejoint la police de Dubaï va se voir attribuer. Plusieurs polices dans le monde font déjà appel à des robots, mais c’est la première fois qu’un anthropomorphe avec des capacités si étendues et un véritable rôle social est déployé dans l'espace public.

L'arme, la ligne rouge

Mis à part la chair et le sang, qu’est-ce qui le différenciera des policiers humains ? Pour le moment, c’est la possibilité de poursuivre et d’arrêter des personnes. C’est néanmoins le but des autorités à terme.

"Nous voulons créer un robot totalement fonctionnel, qui peut travailler de la même manière qu’un officier", affirme le brigadier Khalid Nasser Alrazooqi, directeur général du Smart Services Department de la police de Dubaï à CNN. Une plus grande dextérité, la capacité de courir ou arrêter des criminels, c’est ce que veulent les autorités pour les robots de la police de Dubaï.

Les intelligences artificielles construites à l’heure actuelle sont-elles capables d’assumer de telles responsabilités ?

Et porter des armes ? "C’est une ligne rouge très sérieuse", affirme le brigadier, soutenant que Dubaï ne s’engagera jamais sur ce chemin. L’entreprise espagnole en charge de la conception des robots policers, PAL Robotics, affirme également CNN qu’ils ne construiront pas de projets à but militaire. Néanmoins, le directeur commercial de PAL reconnaît que le marché pourrait être particulièrement lucratif.

Et si un pays franchissait cette ligne rouge ? La Russie, avec son robot FEDOR, a créé un humanoïde de combat redoutable qui devrait rejoindre les rangs de l’armée avant 2021. Si l’un d’entre eux rejoignait la police, que se passerait-il en cas de violences urbaines ? On s’interroge.

Mais le problème n’est pas que moral : les intelligences artificielles construites à l’heure actuelle sont-elles capables d’assumer de telles responsabilités ? Jusqu’ici, les algorithmes et les IA utilisés par la justice et la police ont surtout montré à quel point leur jugement pouvait être biaisé par des stéréotypes.

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