Après l'attaque de Londres, le gouvernement britannique a demandé à Microsoft de lui fournir certaines informations privées. L'entreprise a obtempéré, soulevant des critiques sur sa coopération avec les autorités.

Microsoft aurait-il abandonné sa promesse de confidentialité des données de ses clients ? Après l'attaque de Westminster à Londres le 22 mars, l'entreprise a admis avoir transmis certaines informations aux autorités britanniques.

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Dans un communiqué publié le 27 mars, le géant de la tech explique avoir reçu l’ordre de livrer aux autorités certaines données privées concernant des e-mails relatifs à l’attaque. Demande légale à laquelle l'entreprise s'est immédiatement pliée.

"Notre équipe a répondu en moins de 30 minutes pour vérifier que cet ordonnance légale était valide, puis a fourni aux autorités les informations demandées", explique Brad Smith, le président de Microsoft.

Le tabloïd britannique The Sun, propriété du magnat Rupert Murdoch, a critiqué Microsoft pour avoir ainsi coopéré avec le gouvernement. Le titre a ressorti une interview de Brad Smith diffusée sur la chaîne ITV dans laquelle il avait déclaré : "Microsoft n’aidera aucun gouvernement, même le nôtre, à pirater ou attaquer un client où qu’il se trouve." Il avait ajouté que Microsoft ne transmettrait ses données que quand il y serait légalement obligé.

Pas d'aide, mais un peu d'aide quand même

The Sun a titré son article : "Le patron de Microsoft refuse la demande d'aide de la ministre de l'Intérieur Ambed Rudd après l'attaque de Westminster."

Dans le communiqué, Brad Smith rappelle une nouvelle fois que Microsoft est prête à obéir aux autorités dans la minute, si la requête est légale :

"Un processus légal est la clé de l'équilibre entre sécurité publique et vie privée"

"Notre équipe internationale peut être contactée à tout moment et répond quand elle reçoit un ordre légal en bonne et due forme. Ça n'a rien à voir avec le partage de données privées à un gouvernement, le piratage ou l'attaque de client, choses que nous ne ferons pas. Nous sommes dévoués à la fois à la sécurité publique et à la protection de la vie privée, et nous pensons qu'un processus clair et légal est la clé pour maintenir l'équilibre entre ces deux notions."

L'attaque de Westminster a relancé le débat sur le chiffrement des données. En effet l'auteur de l'attaque, Khalid Masood, a envoyé un message sur WhatsApp avant l'attaque. Ce message est inaccessible car crypté par l'application de messagerie.

Amber Rudd, secrétaire d'État à l'Intérieur, a déclaré que le chiffrement de bout en bout de WhatsApp est "totalement inacceptable", et que les terroristes ne devraient avoir aucun endroit où se cacher. "Nous devons nous assurer que les entreprises comme WhatsApp – et il y en a beaucoup d'autres – ne fournissent pas de cachette pour que les terroristes puissent communiquer entre eux."

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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