Avec son "outil pour les lanceurs d'alerte anonymes", la Commission européenne a mis en ligne jeudi 16 mars une plateforme permettant de dénoncer les pratiques anticoncurrentielles des entreprises, tout en restant anonyme.

La Commission européenne tend la main aux lanceurs d'alerte. Le gendarme européen vient de lancer une plateforme en ligne permettant à chacun de dénoncer, dans un message anonyme, des pratiques anticoncurrentielles.

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Contre les comportements nuisibles aux consommateurs

Entente et accord sur les prix, cartels et exclusions de certains produits du marché... Pour la Commission européenne, ces comportements peuvent causer un "dégât immense" sur l'écomonie. Ils freinent l'innovation et lèsent le consommateur en lui imposant un marché et des produits restreints, avec des prix moins avantageux qu'ils ne pourraient l'être si toutes les circonstances de la concurrence étaient vraiment réunies. "Si les citoyens sont inquiets face à des pratiques commerciales qu'ils jugent répréhensibles, ils peuvent nous aider à y remédier", a déclaré Margrethe Vestager, commissaire en charge de la politique de concurrence, dans un communiqué jeudi 16 mars.

L'initiative intervient un mois après le vote par les députés européens d'une résolution encourageant à mieux protéger ceux qui prennent des risques personnels et professionels pour protéger l'intérêt général de l'Union européenne.

Messagerie cryptée

"L'outil anonyme de lanceurs d'alerte" se présente sous la forme d'une interface dans laquelle l'internaute peut contacter directement la Commision européenne par mail ou téléphone, s'il souhaite révéler son identité. Dans le cas où il préfère rester anonyme, l'internaute peut soumettre un message en ligne, à rédiger dans la langue européenne de son choix. L'anonymat est garanti par un système de cryptage et un serveur qui ne collecte aucune métadonnées sur l'émetteur du message.

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Capture d'écran Commission européenne

Il est également possible de relancer la Commission européenne en demandant une réponse. Sur son site, l'institution explique pouvoir répondre dans un délai de deux semaines.

Jusqu'alors, la plupart des ces comportements anti-conccurence ont été découverts via le "programme de clémence" de la Commission européenne par lequel l'institution consent à réduire l'amende des entreprises qui admettent participer à une entente illicite. L'une des dernières sanctions concernait Sony, Panasonic et Sanyo, en décembre dernier. Pour avoir violé les règles concurrentielles de l'UE en coordonnant le prix de leurs batteries rechargeables, les trois groupes avaient écopé d'une amende de 166 millions d'euros.

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