Vous avez de l'argent mais pas d'amis ? Apparaître moins seul en public peut se monnayer. Un business triste, mais qui trouve son public au Japon.

Être plein aux as mais n'avoir personne pour dépenser tout son argent. Avoir l'air seul à chaque fois que l'on sort. Et être dépité parce qu'on a honte d'avoir une vie sociale si morne... La solitude peut être difficilement assumable lorsque la pression sociale se fait trop forte.

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Dans un pays comme le Japon, elle prend même une nouvelle dimension tant elle est devenue "un mode de vie", notamment chez les jeunes. Le site Internet du gouvernement de Tokyo a même ajouté des onglets à destination de ceux-ci, ainsi que des témoignages d'adolescents décrivant la difficulté qu'il y a à se lier à d'autres à l'heure où les nouvelles technologies ont supplanté bon nombre de rencontres en face à face.

Non sans sarcasme — mais avec une certaine rationalité économique, il faut l'avouer, une entreprise japonaise a décidé de proposer un nouveau service : la location d'amis. Family Romance a développé un service intitulé "Real Appeal", qui permet de sélectioner des "amis" selon leur sexe, leur âge et leur apparence physique.

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Family Romance

Possibilité illimitée de prendre des photos de l'ami loué

Boire un verre, se rendre à un événement ou encore étoffer sa liste d'invités lors d'un anniversaire : autant de situations dans lesquelles le consommateur pourra s'entourer d'amis et avoir l'air apprécié. Et le site de lister les besoins ciblés : "J'ai envie d'avoir l'air moins seul en vacances" ; "Je veux donner l'impression d'avoir un excellent réseau d'amis" ; "Je veux être photographié au milieu d'une bande de potes pour montrer que je m'amuse en soirée", etc.

Pour 8 000 yens les deux heures (environ 65 euros), le client esseulé pourra bénéficier de la présence d'une personne, mais aussi profiter de la possibilité de se photographier avec elle de façon illimitée.

"Je n'ai jamais eu autant de likes que sur ces photos à la mer", indique une jeune bloggeuse qui parle de son compte Instagram, dans un témoignage posté par le site de Family Romance.

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Bien sûr, on ne peut s'empêcher de trouver ce business plutôt déprimant. Et s'il règle ponctuellement la question de la représentation de soi en public, il ne reste de toute évidence qu'un cache-misère en matière d'affection.

Pour rompre le cercle de l'isolement, il y a sûrement un meilleur moyen de dépenser ces quelques milliers de yens. Par exemple, en acceptant de se détacher de l'image que l'on veut absolument renvoyer de soi sur les réseaux sociaux... et en prenant le temps de passer du bon temps avec les quelques connaissances que l'on apprécie déjà, jusqu'à développer une amitié forte et plus solide qu'une location de potes en plastique.

– Retrouvez la version originale sur Mashable.

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