À en croire un mémo de l'administrateur associé de la NASA, l'agence spatiale américaine envisage d'envoyer sa plus grosse fusée dans l'espace avec un équipage à bord. Il n'y aurait pas de test préalable.

Les astronautes de la NASA risquent bien de s'envoler pour l'espace à bord de la plus grosse fusée de l’agence plus tôt que prévu.

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Mercredi 15 février, l’administrateur associé de la NASA Robert Lightfoot a envoyé un mémo a tous ses employés. Il demande qu’une étude soit lancée pour déterminer les moyens nécessaires au premier lancement de la fusée géante Space Launch System (SLS) avec une équipe d'astronautes à bord. Ce dispositif de lancement, qui devrait être le plus puissant de la NASA, est toujours en phase de développement.

Cette requête a donc de quoi surprendre. Mettre des astronautes dans une fusée qui n’a pas encore été testée est une décision très risquée.

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Illustration de la fusée Space Launch System.
NASA

Gagner quelques années

Jusqu’à ce jour, l’objectif du programme SLS était de transporter Orion – une capsule spatiale capable d’accueillir six astronautes – aux abords de la Lune d’ici un an ou deux ans. Mais le mémo qui a fuité sur le blog NASA Watch et dont l’authenticité a été confirmée, a semé le doute sur le calendrier et le but de cette mission baptisée EM-1.

En effet, avec le planning actuel, des humains ne sont pas censés participer à EM-1. Les astronautes devraient seulement décoller à bord du SLS seulement au début des années 2020.

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Image : NASA

"Je suis conscient que les défis associés à une telle proposition, comme l’étude de la faisabilité technique, les ressources additionnelles nécessaires, et l’importante charge de travail supplémentaire vont nécessiter une date de lancement différente", analyse Robert Lightfoot dans son mémo.

"Cela dit, j’ai aussi envie d’entendre parler des opportunités que représentent l’accélération de nos efforts pour embarquer un équipage et l’identification de ce qu’il faut pour passer cette première étape, celle d'envoyer l’homme encore plus loin dans l’espace", ajoute-t-il.

La sécurité en question

Les lanceurs, de par leur design, sont poussés jusqu’à leurs limites pour s'extirper de l’attraction terrestre. Chaque lancement comporte une part de risque. Mêmes les fusées considérées comme extrêmement fiables peuvent connaître une défaillance.

La capsule Orion possède tout de même une tour de sauvetage prévue pour se détacher de la fusée si un incident venait à se produire.

Alors que cet hypothétique vol sera le premier du SLS, ce ne sera pas le cas pour Orion. La capsule a déjà eu l’occasion de s’envoler lors d’un test en 2014 où elle est parvenue à rentrer sur notre bonne vielle Terre sans le moindre problème.

Mais si cet essai s’est bien déroulé, il faut tout de même minimiser son succès car Orion ne disposait pas encore d’un système de survie complet.

Les plans sur la comète de Donald Trump

Des doutes ont aussi été émis à propos de la capacité de la NASA à respecter le calendrier des tests du Space Launch System et d’Orion. Un rapport publié en 2016 par le Governement Accountability Office, l’organisme indépendant chargé de contrôler les comptes publics des États-Unis, a constaté que le programme SLS aura du mal à atteindre son objectif, à savoir un lancement en 2018. Cela s’explique par des problèmes budgétaires et techniques. Orion, de son côté, rencontre les mêmes difficultés.

La demande de Robert Lightfoot n’est pas une première dans l’histoire de la NASA. En 1981, lorsque l’agence a réalisé son premier vol, la navette spatiale Columbia comptait en son sein plusieurs astronautes. La fusée Saturn V, elle, a envoyé des humains aux abords de la Lune. Une prouesse qui n’avait jamais été réalisé par une autre navette.

Le mémo de Robert Lightfoot comporte aussi une mention sur le programme spatial souhaité par Donald Trump. "Lors de son discours d’investiture, le président a fait part de son intention de ‘percer les mystères de l’espace’", rappelle l’administrateur associé de la NASA. "En conséquence, cette agence est dans l’obligation de réussir, en toute sécurité, les programmes SLS et Orion."

– Adapté par Lhadi Messaouden. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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