La Silicon Valley avait (presque) unanimement choisi son camp : Hillary Clinton avait tout de la présidente tech-friendly. Mais face au succès de Donald Trump à l'élection présidentielle, les grands patrons de tech doivent serrer des dents.

Il fallait s’y attendre : la Silicon Valley digère mal, très mal, la victoire de Trump à la présidence américaine. Souvent attaquée par le candidat républicain durant sa campagne, elle brosse même à l’heure actuelle, comme de nombreux médias spécialisés dans les nouvelles technologies, un sombre tableau des quatre années à venir.

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Elle qui avait massivement voté Hillary Clinton, tout comme le reste de la Californie, avait placé de nombreux espoirs en la candidate démocrate donnée favorite. Chez Mashable, on expliquait il y a encore quelques jours pourquoi Clinton allait être LA présidente des nouvelles technologies si jamais elle était élue.

Mais à quoi le berceau de l’innovation mondiale doit-il vraiment s’attendre maintenant que Donald Trump s'apprête à s'assoir dans le fauteuil du Bureau ovale ? Beaucoup de régressions, si l’on en croit certaines phrases lâchées çà et là par un Trump visiblement peu attaché au respect des libertés fondamentales sur le Net.

Pour résumer, le désormais président des États-Unis d’Amérique réfute le principe de neutralité du Web, considère qu’Apple aurait dû sans ambages débloquer pour le FBI l’iPhone bloqué du tueur de San Bernardino, souhaite également interdire à la firme de Cupertino de fabriquer ses appareils en Chine, ou encore veut carrément "fermer Internet en partie". Rien que ça.

Plutôt rassurer que se montrer trop inquiets

Qu'elles soient amères, prudentes ou distanciées, les réactions des leaders de la Silicon Valley laissent entendre pourtant transparaître la même inquiétude. 

"La seule façon d’avancer est d’avancer ensemble"

Tim Cook, patron d'Apple et cible privilégiée de Donald Trump, donc, a fait le choix d'un communiqué adressé à ses salariés, dans un premier temps relayé par BuzzFeed News. De manière concise, et sans jamais y citer directement le futur président, il y prône l'unité et la persévérance : "Nous avons une grande diversité d’employés, incluant des supporters de chacun des candidats. Sans tenir compte de celui pour qui nous avons voté à titre individuel, la seule façon d’avancer est d’avancer ensemble.

Je me souviens de ce que disais le Dr Martin Luther King, Jr. il y a une cinquantaine d’années : 'Si vous ne pouvez pas voler, alors courez. Si vous ne pouvez pas courir, alors marchez. Si vous ne pouvez pas marcher, alors rampez, mais quoique que vous fassiez vous devez continuer d’aller de l’avant'". 

Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, s'est évidemment exprimé sur son réseau social. Dans un message à la ferveur relative et très axé sur sa récente paternité, il préfère se déclarer "optimiste" pour l'avenir. 

Même ton du côté de Microsoft, dont le CEO Satya Nadella a choisi de réagir sur LinkedIn, propriété de la firme de Redmond : "Nous félicitons le président élu, et nous sommes impatients de travailler avec tous les élus. Notre engagement envers notre mission et nos valeurs sont fermes, en particulier en ce qui concerne la promotion d'une culture diversifiée et inclusive", peut-on y lire.

Jeff Bezos, patron d'Amazon et prioritaire du Whasington Post, a également été plusieurs fois pris à partie par Donald Trump au cours des mois derniers. Le candidat républicain lui a en effet promis une enquête fiscale visant son entreprise de e-commerce et a assuré qu'il parviendrait à faire condamner la firme pour abus de position dominante. Étonnamment, c'est un message fairplay qu'a adressé, sur Twitter, Jeff Bezos au futur président.

Steve Case, fondateur d'AOL, a, lui, tweeté sa "surprise" et sa "déception", tout en acceptant le verdict.

Pour le moment, aucune réaction n'est parvenue jusqu'à nous en ce qui concerne les hautes-sphères de Google.

Peter Thiel, pour Trump et contre tous

Dans ce petit monde sonné, un homme fait pourtant figure d'exception : Peter Thiel, connu pour avoir été le soutien de Donald Trump dans la Silicon Valley durant la campagne. Investisseur de poids dans plusieurs entreprises, dont Facebook, propriétaire de l'un des fonds d'investissement les plus puissants du pays, il s'est félicité du résultat du scrutin dans une interview accordée à Business Insider.

Détracteur régulier des médias, Thiel ne fait d'ailleurs plus secret de son ambition politique : selon des sources citées par le Huffington Post, il rêverait de rejoindre la Cour suprême des États-Unis, lui qui a financièrement soutenu le candidat républicain...

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