Plusieurs street artistes ont déposé plainte contre McDonald's pour violation de copyright. Il accusent le géant du fast-food d'avoir reproduit certaines de leurs œuvres dans ses restaurants sans autorisation.

Tout a commencé en 2015 quand McDonald's a fait le choix de rajeunir sa clientèle. Afin d'attirer plus de jeunes et de hipsters, l'entreprise américaine avait alors eu l’idée d’ajouter à la décoration de certains de ses restaurants des éléments connotés "street".

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C'est ainsi que sont apparus des graffiti dans ses restaurants de Londres, Toulouse mais aussi du Japon ou du Maroc. Objectif de cette nouvelle déco baptisée "Extreme" : "Utiliser des éléments visuels pour rappeler aux gens que McDonald's est une marque de la rue", explique l’ancien directeur de stratégie de la marque de fast-food au Washington Post. En images, ça a donné ça :

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Le McDonald's de Toulouse avec une décoration à base de graffitis
McDonalds France

C'est à partir de là que les ennuis ont commencé. Plusieurs artistes ont reconnu leurs œuvres et décidé de traîner McDonald's devant la justice. Eric Rosenbaum, alias Norm, a porté plainte après avoir eu vent de la présence de son travail dans des restaurants à Tokyo et à Londres. Dernièrement, c’est Jade Berreau, l’ex-petite amie de l’artiste Dash Snow, aujourd’hui décédé, qui a décidé de poursuivre le géant du fast-food en justice. Selon elle, une centaine de restaurants à travers le monde utilisent le logo "Sace", le tag qu'utilisait Snow pour signer ses œuvres.

Une "street crédibilité" écornée

"Rien n’est plus opposé à la 'street crédibilité' de M. Snow que d’associer son œuvre à la consommation de masse", a affirmé Jeff Gluck, avocat de Jade Berreau. Dans les deux affaires relayées par le Washington Post, l’accusation défend l’idée qu’une telle appropriation par  McDonald's, en plus de violer les droits d’auteurs, nuit gravement à la réputation des artistes concernés.

Si McDonald's n’a pour l’heure pas réagi, ces procès portent un coup dur à l’image de la marque, d’autant plus que la décoration "Extreme" n’avait déjà pas fait l’unanimité auprès des clients. Dans deux villes britanniques, à Redhill en octobre 2015, puis à Brixton en mars 2016, des internautes avaient critiqué les graffitis peints sur les mur et les abats-jours des restos.

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