L'acteur américain Danny Glover est venu manifester à Paris son soutien aux salariés américains de Nissan, dont Renault est le principal actionnaire. Ceux-ci dénoncent les pratiques "antisyndicales" dans l'usine de Canton, aux États-Unis.

Célèbre pour son rôle de vieux flic grincheux dans "L’Arme fatale", l’acteur Danny Glover continue de se battre, mais loin des plateaux de cinéma. Il était à Paris mercredi 12 octobre pour soutenir des salariés américains de Nissan. À l’occasion du Salon de l’automobile, il en a profité pour dénoncer les pratiques de l’entreprise, dont Renault est le principal actionnaire, dans son usine de Canton, dans le sud des États-Unis.

"Canton est une très grande usine. Elle fait des pièces détachées pour toute l'Amérique du Nord. Les ouvriers essayent depuis des années d'organiser un vote pour créer un syndicat, mais on les menace de fermer l'usine", a-t-il ainsi expliqué sur l’antenne de BFM Business.

Comme le précise le site du Monde, depuis 12 ans la direction de cet établissement "empêche de fait la tenue d’un référendum – préalable, selon les règles du Mississippi –, à la création d’une section syndicale". Selon Morris Mock, un ouvrier de l’usine, lui aussi présent à Paris avec Danny Glover, les employés ont subi des manœuvres d’intimidation pour arrêter leur protestation. "Je prends de gros risques en venant ici. Je comprends que les gens pensent à leur famille d’abord, mais ce que fait Nissan là-bas est illégal", a-t-il décrit au quotidien français.

Dans ce combat, Danny Glover a reçu le soutien de plusieurs parlementaires français, ainsi que celui de syndicats comme la CGT, FO et la CFDT. Il espère aussi sensibiliser à cette cause l’État français, qui a une participation de près de 20 % dans Renault.

Du côté de Nissan, l’entreprise conteste les accusations des ouvriers. "En juin dernier, la venue d'une délégation de syndicalistes américains n'a rien donné, Carlos Ghosn, le PDG du groupe Renault-Nissan, n'ayant pas souhaité les recevoir", précise le site de France Info.