Certains pensent que l'avenir du monde, ce sont les robots. Elon Musk va encore plus loin : il a annoncé dans une interview que l'avenir résidait dans l'intelligence artificielle, surtout si on arrivait à y connecter nos cerveaux.

Depuis l'explosion accidentelle de la fusée de SpaceX le 1er septembre, Elon Musk s'était montré plutôt silencieux. Mais dans une interview accordée à Y Combinator le 15 septembre, le PDG de Tesla et de SpaceX s'est exprimé sur un de ses sujets favoris : l'intelligence artificielle.

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Pendant 20 minutes, il a échangé avec Sam Altman (le PDG de Y Combinator), au beau milieu d'une usine Tesla, à côté des chaînes de montage. Réputé pour s'exprimer depuis des années sur les dangers de l'intelligence artificielle, dépeignant parfois des scénarios pas toujours viables et dignes de la science-fiction la plus fantaisiste, il a cette fois-ci émis un point de vue bien différent concernant l'invention considérée comme le prochain tournant technologique de la civilisation humaine.

"Si on arrive à fusionner avec une AI, en améliorant le lien neuronal entre le cortex d'une personne et cette extension numérique... on obtient une symbiose efficace entre l'humain et l'intelligence artificielle", a-t-il expliqué. "Si cette technologie se répand, que tous ceux qui le souhaitent peuvent l'avoir, on résoud en même temps le problème de la prise de contrôle. Il n'y aurait pas d'AI mauvaise et dictatrice, car nous serions tous un peu l'AI. C'est la meilleure solution que j'imagine."

"Nous sommes déjà 'surhumains', mais limités par notre propre bande passante"

Cette idée de créer des hybrides humains-AI, qu'il décrit comme une "dentelle neuronale", s'étend même à ses réflexions sur les start-ups. Quand on lui demande vers quoi il s'orienterait si, aujourd'hui, il était un jeune entrepreneur de 22 ans, Elon Musk répond l'intelligence artificielle et la génétique, mais surtout cette idée de connecter nos cerveaux à des ordinateurs. "Avoir une interface à haute bande-passante connectée au cerveau… Nous sommes actuellement limités par la bande-passante réduite de notre propre cerveau", explique-t-il. "Nous possédons une personne tertiaire numérique travers nos e-mails, nos ordinateurs, nos téléphones et nos applications. Nous sommes déjà 'surhumains'. Mais nous sommes contraints par notre propre bande passante. En résolvant ce problème dans une interface entre le cortex et cet autre nous-même numérique, on fait un bond en avant."

Cependant, un commentaire s'adresse directement aux futurs entrepreneurs bourgeonnant encore sur les bancs de la fac. Pour Elon Musk, les futurs génies des sciences et de la tech ne viendront pas forcément de l'université. À la question "Est-ce utile d'avoir un doctorat ?", Elon Musk répond "Généralement non... Pour certains oui, mais généralement non."

"Quand une idée est importante, il faut la suivre malgré la peur"

Dans l'interview, l'entrepreneur parle peu des dangers et risques associés aux projets de SpaceX. Mais à la lumière de l'accident du 1er septembre, une remarque sur la peur nous dit, à demi-mot, tout ce qu'on voulait savoir sur les ambitions de SpaceX de repousser les limites du voyage spatial. "Je pense en fait que je ressens assez fortement la peur", explique-t-il, après une question sur sa prétendue bravoure à toute épreuve en matière d'innovation. "C'est faux de dire qu'il y a chez moi une absence de peur. Au contraire, je la ressens de manière assez forte. Mais parfois une idée est trop importante, alors il faut y croire, la suivre, et la mettre en application, malgré la peur."

– Adapté par Charlotte Viguié. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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