Deux mosquées de Marrakech devrait être transformées en "mosquées vertes" pour le début de la COP22 en novembre. Le royaume s’est lancé dans un programme de rénovation écologique des lieux de culte, aux implications économiques et sociales.

Dans les mosquées de Koutoubia et Moulay el-Yazid, les travaux de rénovation ont débuté. Toutes deux doivent être transformées en mosquées "vertes" pour l’ouverture de la COP22, la conférence mondiale sur le climat qui débute le 7 novembre 2016 à Marrakech.

Le programme symbolique lancé par le Maroc en 2014 vise à diminuer la facture énergétique des 15 000 mosquées construites et entretenues par le ministère des Affaires islamiques du pays.

Cette mise à niveau passe par "la mise en place de lampe à LED au lieu des halogènes, par l’installation de chauffe-eau solaires et, si possible, de panneaux photovoltaïques sur les toits", explique à France 24 Jan-Christoph Kuntze, conseiller principal du Giz, un organisme public allemand qui apporte un soutien technique aux autorités marocaines.

"60 % d’économie d’énergie"

Avant de s’attaquer au chantier de Marrakech, la mosquée d’Assouna à Rabat a servi de premier test. Les travaux y ont été achevés l’an dernier. "Nous avons réussi à faire baisser la facture énergétique de 60 %", assure Ahmed Bouzid, responsable des activités d’efficacité énergétique à la Société d’investissements énergétiques (SIE), contacté par France 24.

Il espère obtenir un même résultat à Koutoubia et Moulay el-Yazid avant que d'autres travaux n'aient lieu dans les 100 premières mosquées pour lesquelles des projets d’investissement ont d’être attribués par le gouvernement en août. Celles-ci se trouvent essentiellement dans les grands centres urbains, comme Rabat, Fez, Casablanca ou Marrakech. Pour Ahmed Bouzid, cette première vague verte doit servir à établir un cadre formel et les contrats types pour pouvoir "rapidement monter en puissance et rénover au plus vite les 15 000 mosquées".

Mais pour Ahmed Bouzid et Jan-Christoph Kuntze, cet objectif n’est qu’un point de départ. Les "mosquées vertes" ne sont que les prémices d'un programme qu’ils veulent beaucoup plus ambitieux. "Nous voulons démontrer que les projets d’investissement dans le domaine de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables au Maroc sont rentables pour tous et applicables partout", assure le chef de projet du SIE.

Pour les autorités, la baisse de la facture énergétique sera la bienvenue et les entrepreneurs associés "vont se rémunérer sur les économies d’énergie réalisées qui leur seront reversées", explique-t-il.

Mosquée-témoin

Les mosquées n’ont pas non plus été choisies seulement pour le symbole. "Ce sont des lieux très important d’échanges, d’écoute et qui peuvent permettre de sensibiliser la population marocaine aux questions d’efficacité énergétique", assure Jan-Christoph Kuntze. Une partie des prières du vendredi doit, dans certaines d’entre elles, être consacrée à ces questions.

"Pour ce programme, le choix s’est porté sur des technologies faciles à installer, comme le chauffe-eau solaire ou les lampes à LED, afin de montrer à la population des systèmes qu’ils peuvent aisément faire mettre en place chez eux", note le conseiller allemand. Les mosquées jouent, en quelque sorte, le rôle de maison-témoin d’un Maroc écologiquement responsable.

Si ce plan se déroule sans accrocs, Ahmed Bouzid prédit que le projet "mosquées vertes" aura un profond impact économique. Le partenaire allemand de ce programme a même déjà une idée chiffrée des conséquences en termes d’emplois : la première phase du projet, qui concerne 100 mosquées, devrait permettre de créer au moins 130 nouveaux postes. Pour l'intégralité du projet, il pourrait donc s’agir de milliers d’emplois.

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