Face à la pression des labels de musique, propriétaires des droits d'auteur, Spotify pourrait limiter l'accès à l'écoute des nouveautés pour les utilisateurs gratuits.

Depuis son lancement au grand public en 2008, Spotify prône haut et fort son modèle "freemium". Pourtant le "free" n’aura peut-être bientôt plus sa place.

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D’après les informations du Financial Times, "Spotify envisage de changer sa règlementation d’accès à l’écoute gratuite pour les utilisateurs de son service de streaming". Après une perte annuelle de 173 millions d’euros l’année dernière, la plateforme fondée par Daniel Ek cherche un moyen de persuader les labels et les propriétaires des droits d’auteurs d’accepter de toucher moins de 70 % des revenus du streaming. En 2015, Spotify a ainsi reversé 1,63 milliard d’euros de royalties.

Et pour ce faire, Spotify prévoit de réserver certains nouveaux albums fraîchement sortis à ses abonnés payants pendant une durée limitée, avant de les rendre disponibles aux utilisateurs gratuits. Cette pratique du "fenêtrage" – parce qu’elle créé des fenêtres de diffusion successive – est déjà en vigueur dans le monde du cinéma puisque les films sortent logiquement d’abord en salles, avant d’être disponibles en streaming. Mais ce n'est pas le cas pour la musique.

"Spotify n'a pas vraiment le choix"

Ce mode de fonctionnement "peut être perçu comme une concession, mais dans un sens, Spotify n’a pas vraiment le choix", confie au Financial Times un cadre d’un label de musique. En effet, les contrats à l’époque signés avec les mastodontes de l’industrie Universal, Warner et Sony sont arrivés à échéance. Et Spotify doit renégocier ces arrangements face à un concurrent comme Apple Music qui, lui, reverse autour de 73 % de revenus. Sans parler d’Amazon, Pandora ou Vevo qui préparent à leur tour leur service de streaming payant.

Si certains rêvent sans doute que Spotify abandonne totalement son portail gratuit, Daniel Ek soutient que "le service gratuit, financé par la publicité, est nécessaire pour attirer des utilisateurs qui ensuite deviennent des abonnés payants", aujourd’hui au nombre de 30 millions.

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