L'arrivée des plateformes de téléchargement et de streaming Spotify, Apple Music ou Deezer a déréglé tout le système de droits d'auteur dans l'industrie musicale. Mais une start-up entend résoudre le problème avec une technologie : la blockchain.

La start-up Revelator a levé plus de 2 millions d’euros cette semaine avec la promesse de traquer de façon efficace les droits d’auteurs et de reverser les royalties aux artistes.

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Pour cela, la start-up utilise la blockchain – la technologie derrière la fameuse monnaie Bitcoin – pour que les artistes et les managers soient payés plus rapidement.

La blockchain, un registre partagé

La blockchain est un registre partagé qui peut enregistrer à peu près toutes les sortes de transactions. Pour Bitcoin, la blockchain garde par exemple toute trace publique des transactions financières faites à partir de la monnaie digitale.

La vraie clé de l’innovation, c’est que la blockchain ne nécessite aucun système de contrôle centralisé.

Revelator s’attèle à appliquer cette technologie à l’industrie de la musique. Puisque le blockchain enregistre dans l’instant tout ce qu’il se passe, il permet à Revelator de traquer les utilisations de musique et d’obtenir aussi vite que possible les royalties – peu importe le montant – dûes aux propriétaires des droits des œuvres.

Normalement, les artistes et les autres propriétaires de droits d’auteurs dans la musique attendent des mois pour toucher leur argent. Et c’est encore plus compliqué lorsque plusieurs personnes se partagent les droits d’une même chanson.

Revelator assure que près de la moitié des paiements de droits d’auteurs n’arrivent jamais aux bons propriétaires à cause de systèmes datés.

Vers des paiements quotidiens ?

"Puisque qu’il y a des statistiques quotidiennes, pourquoi est-ce qu’il n’y aurait pas des paiements quotidiens ?", s’interroge Bruno Guez, fondateur et PDG de Revelator à Mashable. "Si vous avez 1 000 téléchargements, je peux vous payer 700 dollars (625 euros) demain."

Une rapidité possible grâce à la blockchain, explique Bruno Guez. Revelator s’adresse aux détenteurs des droits, qui peuvent utiliser cette technologie pour contrôler et distribuer leur musique ou d’autres contenus. Revelator traquera alors les téléchargements, les streams sur Spotify et d’autres plateformes, et bien plus encore.

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"Le blockchain apporte une nouvelle technologie vraiment perturbatrice pour l’industrie de la musique", avoue Bruno Guez. "Ce n’est pas la seule chose qui compte et cela ne règlera pas tous les problèmes de cette industrie, mais je crois que notre offre apporte de nouvelles possibilités."

La façon dont Revelator utilise la blockchain peut aussi s’appliquer à d’autres facettes de l’industrie musicale. La start-up basée en Israël vient de terminer un projet pour WBUR, la radio publique de Boston.  L’entreprise a développé une bibliothèque musicale pour un nouveau projet de podcast et coordonné tous les droits d’auteurs pour que chaque employé de la radio puisse piocher dedans.

"En testant notre concept sur un petit catalogue musical, nous allons pouvoir ouvrir une nouvelle fenêtre d’opportunité pour les radios publiques à l’avenir, grâce aux essais avec la blockchain", explique Meg Siegal, à la tête du pôle innovation nommé BizLab de WBUR, à Mashable.

Lors d’une levée de fonds, Revelator a réuni plus de 2 millions d’euros dirigés par Exigent Capital. La société d’investissement Exigent a été rejoint par le groupe Digital Currency, qui investit dans des entreprises liées à la blockchain et au Bitcoin.

D’autres entreprises utilisent le blockchain pour la gestion des droits. Blockai, par exemple, s’est servi de la blockchain pour gérer les droits d’auteurs dans le domaine des arts visuels.

Revelator a commencé avec la musique – ce qui n’est pas une surprise puisque Bruno Guez est un ancien cadre d’un label de musique – mais prévoit dans le futur de s’intéresser à d’autres formes de contenu. Pour l’instant, la start-up tente de résoudre ce problème majeur de la diffusion en avant-première de musique en ligne, en dehors de la juridiction strictement réglementée des films ou des stations de radio, qui a largement affecté l’industrie musicale.

– Adapté par Louise Wessbecher. Retrouvez la version originale sur Mashable.

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