En investissant 500 millions de dollars dans un vaste projet de cartographie, le service de VTC Uber souhaite réduire sa dépendance à Google Maps et améliorer son service pour ses utilisateurs.

"Les cartes précises sont le cœur de notre service et la colonne vertébrale de notre business", a déclaré Brian McClendon dans un communiqué le 29 juillet. Débauché par Uber en juin 2015, l'ingénieur chargé de la cartographie du leader mondial des VTC sait de quoi il parle : il a été à la tête de Google Maps pendant plusieurs années.

"Ce perpétuel besoin de cartes pour Uber est la raison pour laquelle nous allons doubler notre investissement dans la cartographie", poursuit Brian McLendon. Cet investissement, le Financial Times le chiffre à 500 millions d'euros (447,49 millions d'euros), en citant une source proche du dossier.

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Ces dernières années, l'entreprise basée à San Francisco a multiplié avec succès les levées de fond. La dernière en date, en juin, avait atteint le chiffre impressionnant de 3,5 milliards de dollars, soit plus, en un seul tour de table, que l'ensemble des levées de fonds de l'histoire des deux rivaux d'Uber aux États-Unis, Lyft et Gett.

Uber veut investir dans des technologies qui lui appartiennent

L'énorme croissance d'Uber reposait jusqu'ici sur des technologies existantes : les voitures, les smartphones, les cartes de Google Maps… Désormais, l'entreprise veut sécuriser son avenir sur le long terme en investissant dans des technologies qui lui seront propres.

La première est la cartographie. Uber a déjà commencé à déployer une flotte de véhicules dédiés à la cartographie aux États-Unis et au Mexique. D'autres pays devraient bientôt suivre.

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Un véhicule de cartographie d'Uber
Uber

L'avantage d'une cartographie propre est que celle-ci pourra se concentrer sur les données utiles au service proposé par Uber. Exit donc les données superflues de Google sur l'altitude ou la topographie des océans. Pour gagner en efficacité, les cartes Uber pourraient se focaliser sur la localisation des points d'entrée et de sortie des grands bâtiments ou l'amélioration de la localisation précise des adresses. Sur ce dernier point, Google Maps a encore de grands progrès à faire, rappelle le Financial Times, Dans les pays émergents, il n'est pas rare de voir les chauffeurs Uber appeler les clients pour réussir à les localiser à cause de l'imprécision des adresses dans Google Maps.

La deuxième technologie sur laquelle Uber va se concentrer dans les années à venir est la voiture sans chauffeur. L'entreprise est déjà en discussion avec Fiat pour produire sa propre voiture sans chauffeur et ainsi rouler sur les plates-bandes de Google et de Tesla. Une stratégie qui ne serait, après tout, que rendre coup pour coup à Elon Musk. Le PDG de Tesla a annoncé fin juillet dans son "plan secret" qu'il voulait que "Autopilot", le système de conduite semi-autonome de ses voitures, soit capable de concurrencer les chauffeurs Uber.

La bataille de la route ne fait que commencer.

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