Le géant américain Google a annoncé, mercredi, le rachat de la start-up française Moodstocks, spécialiste de la reconnaissance d’images et de l’intelligence artificielle. C’est la troisième société française acquise par Google.

Le montant n’est pas connu, mais l’affaire est conclue. Google a annoncé, mercredi 6 juillet, le rachat de Moodstocks, une start-up française spécialisée dans l’intelligence artificielle (AI) et les algorithmes de reconnaissance visuelle.

Dans un billet de blog consacré à cette nouvelle acquisition, Vincent Simonet, responsable du centre de recherche et développement de Google à Paris, a vanté la "technologie de reconnaissance d’images et d’objets sur appareils mobiles" développée par Moodstocks.

"Machine learning"

Cette société, fondée en région parisienne en 2009, a mis au point un logiciel qui transforme le capteur photo des smartphones et tablettes en scanner permettant d’identifier les objets visés. De quoi intéresser les spécialistes du e-commerce puisque ce programme permet, entre autres, de lier une photo scannée d’un catalogue à une page Internet de vente en ligne.

Google veut-il s’investir davantage dans le commerce électronique ? Pas sûr. Vincent Simonet explique que les équipes de Moodstocks intégreront le centre parisien de R&D de Google pour aider à améliorer la recherche en "machine learning" (apprentissage automatique, l’une des facettes de l’intelligence artificielle).

Cette acquisition est donc un nouvel exemple de la course à l’AI que se livrent les géants de la Silicon Valley. Google a déjà fait gagner un algorithme contre un champion de Go, Facebook a lâché des bots (petits logiciels conversationnels) dans son service de messagerie Messenger et Microsoft a laissé un compte Twitter entre les mains d’une intelligence artificielle pour se rendre compte que la machine était capable de dérapages racistes.

Les précédents Sparrow et Flexycore

Ce n’est pas non plus un hasard si Google est allé chercher des spécialistes d’intelligence artificielle en France. Facebook a, par le passé, fait le même pari tricolore. Le roi des réseaux sociaux a ouvert son premier centre hors des États-Unis dédié à cette discipline à Paris, et le responsable du programme de recherche sur l’AI pour Facebook est le Français Yann LeCun.

Avant Moodstocks, Google s’est déjà tourné à deux reprises vers l’Hexagone pour faire son shopping. Ce n’est pas énorme : depuis sa création, Google a acquis 191 entreprises. En France, le géant américain racheté la start-up Sparrow en 2012, puis la société FlexyCore en 2013.

Sparrow avait développé un client de messagerie minimaliste pour les smartphones qui avait connu un certain succès jusqu’au rachat de la start-up par Google. Une partie de l’équipe française avait alors participé au développement d’Inbox, une version plus évoluée de Gmail, la messagerie historique du géant de l’Internet.

La jeune pousse d’origine nantaise Flexycore avait, pour sa part, créé le programme Droïdbooster qui permettait d’accélérer le fonctionnement d’Android, le système d’exploitation pour mobile créé par Google. Là encore, Droïdbooster a disparu après le rachat, mais les équipes de Flexycore ont travaillé, cette fois-ci en interne, à l’amélioration des performances d’Android.