Uber France a été condamné, jeudi, à payer 800 000 euros, dont la moitié avec sursis, pour son application de transport entre particuliers UberPop, suspendue en France depuis juillet 2015. Le parquet avait requis un million d'euros d'amende.

UberPop n'en finit pas d'empoisonner la vie d'Uber en France. La compagnie de VTC a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 9 juin, à 800 000 euros, dont la moitié avec sursis, à cause de cette offre de transport payant entre particuliers, déjà suspendue dans l'Hexagone depuis juillet 2015.

Deux de ses dirigeants, Pierre-Dimitri Gore-Coty, chargé de l'Europe, de l'Afrique et du Moyen-Orient, et Thibaud Simphal, responsable du marché français, ont respectivement été condamnés à 30 000 euros et 20 000 euros d'amende dont la moitié avec sursis.

Taxis vs UberPop

L'entreprise aurait pu être condamnée encore plus lourdement. Le parquet avait, en effet, requis un million d'euros d'amende et une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans pour ses deux dirigeants poursuivis.

Si le tribunal n'a pas prononcé les peines requises, il a reconnu Uber coupable, à travers UberPop, de pratiques commerciales trompeuses, de complicité d'exercice illégal de la profession de taxi et de certains délits liés à la conservation de données personnelles (ceux des chauffeurs).

UberPop a longtemps cristallisé la colère des taxis qui accusent la compagnie américaine de concurrence déloyale. Ce service permettait, en effet, à des particuliers d'utiliser leur véhicule privé pour être mis en relation avec des clients afin de les transporter, moyennant finance, sans avoir à payer de charges.

Déjà condamné

La révolte des taxis avaient même donné lieu à des scènes de violence contre des chauffeurs Uber qui ont fait le tour du monde en juin 2015. Un mois plus tard, Uber France avait décidé de suspendre son controversé service entre particuliers.

 

 

En septembre 2015, le Conseil constitutionnel, saisi par la compagnie américaine, avait enfoncé le clou estimant qu'UberPop était illégal.

La justice s'était, par ailleurs, déjà penchée sur le cas UberPop avant la sanction du tribunal de Paris. En décembre 2015, elle avait condamné la filiale française à 150 000 euros d'amendes pour "pratique commerciale trompeuse". Les juges avaient alors estimé qu'Uber présentait à tort une offre payante entre particuliers comme du covoiturage.