Une imprimante et du papier, c’est à peu près tout ce dont on aurait besoin pour tromper le lecteur d’empreinte digitale d’un smartphone.

C’est en tout cas la technique que deux chercheurs américains de l’université du Michigan ont réussi à mettre au point pour déverrouiller deux smartphones Android : le Samsung Galaxy S6 et le Honor 7 de Huawei. Mais ils précisent que l'astuce pourrait marcher pour n'importe quel lecteur d'empreinte. 

Il suffit de prendre en photo l’empreinte digitale du propriétaire du téléphone concerné, d’inverser l’image horizontalement et de l’imprimer en noir et blanc sur une feuille de papier avec une encre conductrice Agic disponible dans le commerce. Une fois l’empreinte imprimée et découpée, elle déverrouille instantanément le smartphone concerné.

De l'encre et du papier pour aider des gouvernements dans l'impasse ?  

La simplicité de l'astuce a de quoi faire envie au FBI qui se heurte depuis plusieurs semaines au refus d’Apple de lui fournir l’aide nécessaire pour déverrouiller l’iPhone d’un des assaillants de la fusillade de San Bernardino. On notera qu'Interpol, l’organisation internationale de police criminelle, dispose déjà d’une gigantesque base de données d’empreintes digitales.

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Et le problème nous est bien familier. Début janvier, le procureur de Paris François Molins avait déclaré sur France Inter que huit smartphones n’avaient pas pu être pénétrés dans l’affaire Sid Ahmed Ghlam, l'auteur d’un acte terroriste qui avait coûté la vie à Aurélie Châtelain en avril 2015. 

Des techniques de hacking de plus en plus simples

Alors que les gouvernements ont de plus en plus de mal à pénétrer les smartphones d’individus ayant commis des infractions – notamment ceux impliqués dans des affaires terroristes – les techniques de hacking des smartphones se font, elles, paradoxalement de plus en plus simples.

Seulement deux jours après le lancement du nouvel iPhone 5S, équipé pour la première fois d’un lecteur d’empreintes digitales, un groupe de hackers allemand avait déjà réussi à tromper le système de verrouillage du téléphone. La technique, consistant à transférer l’empreinte en question sur un support en gélatine ou en colle via une feuille de papier transparente, est plus complexe et incertaine que celle mise au point par les deux chercheurs américains.

Même si les smartphones concernés dans les affaires terroristes ne sont pas tous équipés de cette technologie, 50 % des smartphones devraient avoir un lecteur d’empreinte digitale d’ici 2019. Le FBI devrait peut-être donc sérieusement considérer l’option d’investir dans une imprimante et du papier.

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