Aaron Levie était à dix mille lieues d’imaginer le bras de fer qui allait s’engager quand Apple s’est prononcé contre le déverrouillage de l’iPhone d’un des assaillants de la fusillade de San Bernardino, qui a fait 14 morts début décembre en Californie.

Interrogé par Mashable, le président du logiciel Box permet de stocker des documents en ligne sur le cloud, raconte : “Au début, on s’est tous dit; d’accord, le dialogue entre le FBI et Apple ne va pas être évident.” “Deux ou trois heures plus tard, force a été de constater que ce dialogue serait en fait compliqué pour l’industrie tech toute entière.” “Puis, deux ou trois jours plus tard, on s’est aperçu que ce dialogue compliqué serait finalement un débat de société."

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Microsoft, Intel, Snapchat, Airbnb... tous derrière Apple

Dans les jours qui ont suivi le refus de Apple de se plier à l’injonction judiciaire, les géants de la high-tech se sont démenés pour comprendre tous les tenants et aboutissants de la bataille puis élaboré la meilleure réponse juridique possible. À l’issue de semaines de rumeurs, ce sont finalement des dizaines et des dizaines d’entreprises de la Silicon Valley qui se sont réunies pour déposer un mémoire juridique afin de soutenir la multinationale américaine, juste avant la date limite.

"Nous sommes debout derrière Tim Cook et Apple (et nous le remercions pour son leadership) !"

La liste des soutiens d’Apple est longue : on y trouve des pilliers de l’industrie tech comme Microsoft, Intel, Cisco, mais aussi de florissantes jeunes pousses pesant des milliards de dollars tells que Snapchat et Airbnb. Défendre la cause d’Apple a aussi réuni des rivaux de toujours, comme Google et Amazon ou encore Facebook et Twitter.

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Des dizaines d’entreprises du milieu tech ont officiellement apporté leur soutien à Apple dans son combat contre le FBI.
MASHABLE COMPOSITE

Contre l'extension des pouvoirs extraordinaires du FBI

Quelques heures à peine après qu’Apple ait contesté l’ordonnance du tribunal, deux entreprises de technologie ont immédiatement apporté leur soutien au mémoire juridique finalement signé par Google, Facebook et consorts.

Celles-ci se sont prononcées contre l’extension de pouvoirs extraordinaires du FBI. D’autant plus que contraindre une entreprise à contourner ses propres dispositifs de sécurité aurait pour conséquence de fragiliser la confiance des utilisateurs.

Cette première prise de position a lancé un vaste chantier : la tentative de construire un argumentaire juridique convaincant sur un délai très court et fasse à une opinion publique plutôt divisée, le tout en consolidant une coalition importante d’acteurs de l’industrie tech.

L'effet domino

Il y a aussi un effet domino. “Le fait qu’une large partie de l’industrie se soit ralliée à la cause d’Apple a incité de plus petites entreprises à prendre position également”. Par ailleurs, Apple aurait demandé au FBI de poursuivre les discussions en privé. Une requête à laquelle l’agence américaine n’a pas accédé, ce qui laisse penser qu’elle estime pouvoir avoir le soutien de l’opinion publique. Sachant que la multinationale américaine s’est déjà brûlée les ailes avec les révélations de la NSA, elle est aujourd’hui plus que jamais avide de prouver son rôle de défenseur de la vie privée des utilisateurs.

Contactés par Mashable, de nombreuses entreprises publiques comme privées n’ont pas souhaité faire de commentaire pendant les 2 premiers jours qui ont suivi l’annonce. Il faut dire qu’un certain nombre de boîtes ont actuellement des contentieux à gérer avec le FBI, d’où leur réticence à prendre parti.

Aujourd’hui, la fronde contre le FBI ressemble à une union sacrée des leaders de la Sillicon Valley. Agréger les différentes voix en une synthèse bien écrite a pris beaucoup de temps et d’énergie. D’autant plus que le système juridique américain n’accepte pas les dépôts électroniques. Le texte entier a donc dû être rendu… sur papier. Une belle ironie pour cette grosse affaire numérique, a commenté une source proche de l’affaire.

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Adapté par Émilie Laystary. Retrouvez la version originale sur Mashable

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