Certaines jeunes entreprises choisies pour bénéficier de ce programme d'aide gouvernemental vont assurément faire de grandes choses.

François Hollande est bien décidé à chouchouter les start-up en 2016. Ce mercredi 2 mars, le président de la République, épaulé du ministre de l’Économie Emmanuel Macron et de la secrétaire d’État au numérique Axelle Lemaire, a reçu à l’Élysée les patrons de 50 start-up étrangères lauréates du "French Tech Ticket".

VOIR AUSSI : La "French Tech" au CES, un label gagnant ? 

Lancé le 20 mai 2015, ce programme d’aide aux créateurs d’entreprises a pour objectif d’attirer les jeunes talents du monde entier dans la capitale française. Il s’agit là de concurrencer Berlin et Londres, principaux centres d’attraction européens des start-up en matière d’innovation. Et les coups de pouce ont de quoi séduire : chaque candidat retenu bénéficiera d’une bourse de 25 000 € pour un an (pour un maximum de trois personnes dans l’équipe-projet), d’un hébergement gratuit durant cette même année dans l’un des dix incubateurs parisiens ou encore d’aides juridiques et administratives, notamment dans le processus d’obtention d’un titre de séjour sur le territoire français.

Parmi les heureux gagnants, dont les secteurs d’activité sont aussi variés que l'agriculture, les énergies renouvelables ou le e-commerce, trois projets nous enthousiasment tout particièrement. Parce qu'ils sont malins, visionnaires et, il faut bien le dire, plein de bienveillance. 

Tridom et ses robots-ouvriers en bâtiment 

Maison 3D
Une maison imprimée en 3D dans le Zhangjiang Hi-Tech Park de Shanghai, en Chine.

L’Israëlien Lior Aharoni et le Britannique Yaron Schwarcz sont partis d’un constat simple : en 2030, lorsque la population mondiale s’élèvera à près de 8,5 milliards d’individus, le manque de logements, notamment en ville, deviendra problématique. "Les méthodes de construction actuelles ne pourront pas pallier ce besoin", peut-on lire sur le site du projet.

Pour le duo, la solution se trouve du côté de la robotique, et notamment des imprimantes 3D. Entourés d’une team d’experts, ils travaillent ainsi à concevoir des robots dotés de la technologie de l’impression tridimensionnelle et capables de produire en un rien de temps, à moindre coût et en polluant moins les maisons de demain. Avantage bonus : ces derniers ne seront à priori pas concernés par le port du casque obligatoire.

Notons que grâce à cette bourse, Lior et Yaron ont aussi eu l'occasion de prendre un selfie plutôt réussi avec notre président :

 

Posté par Whyj Ess sur mercredi 2 mars 2016

Challenging Solutions et sa "chaise-mobile" sur laquelle même Iron Man lorgnerait

Iron Man
Hulkbuster Iron Man (MOC) / Flickr

Les appareils d’aide à la mobilité réduite sont en train de prendre un sérieux coup de jeune.

Co-fondée à San Francisco par l’Espagnol Ernesto Diaz Flores, assistant-professeur en recherche médicale, par l’Américain Wesley Siebenthal, ingénieur mécanique et mécatronique passé par la Nasa, et par la Française Astrid Collonnier, jeune diplômée de l’EM-Lyon Business School, l’entreprise Challenging Solutions a imaginé une "plate-forme mobile" en open-source s’adaptant, entre autres, aux besoins quotidiens de la jeune génération. "Même si c'est l'une de ses fonctions principales, on ne veut pas l’appeler fauteuil-roulant", a confié Astrid Collonnier. "L’idée, c’est de démystifier l’usage de ce type d'outil, qui pourra tout aussi bien être utilisé par les valides, et donc de faire oublier les différences".

Leur invention est tout bonnement révolutionnaire : en permettant à l'utilisateur de se tenir debout quand il le souhaite (à condition que celui-ci dispose de l’usage d’un bras et d’une main), elle lui évite ainsi d’adapter son mobilier à un niveau plus bas ou encore de se retrouver isolé des conversations lorsque qu'il se trouve avec des gens debouts. "Certains fauteuils permettant la position verticale existent déjà, mais avec ces modèles, le corps est encore trop raide, trop maintenu en arrière", poursuit Astrid Collonnier. Grâce à cet appareil, boire un verre au comptoir avec des amis ou, le moment venu, s’asseoir facilement à table avec eux, sera possible. Qui plus est, il limiterait les complications de santé liées à une position assise quasi permanente. En bref, il faut vite que cet engin débarque sur le marché.

Et pour la peine, eux aussi ont eu droit à leur selfie :

 

Challenging Solutions meet the president of France to receive our startup award!

Posté par Challenging Solutions, Inc. sur mercredi 2 mars 2016

Cophenol et ses déchets de café green 

Café déchets
Giuliano Griffante / Flickr

Imaginez un peu : chaque année, près de 7,4 millions de tonnes de café sont produites dans le monde, laissant derrière elles presque autant de déchets : le marc part à la poubelle, tandis que la pulpe du fruit du caféier, non-consommée, est souvent abandonnée dans la nature, dérégléant un brin l'écosystème. Ce chiffre devait forcément donner des idées à certains.

Emmanuel Thiéry, un Français diplômé en neurosciences et en physique-chimie, s’est donc demandé il y a deux ans, dans le cadre d'un projet étudiant, s’il pouvait transformer ces restes en quelque chose d’utile. Aujourd'hui, avec la Brésilienne Mariana Bittencourt, ils utilisent la technique de la pyrolyse (la décomposition par la chaleur) pour créer du biochar (charbon de bois) de café. Utilisé seul, ce dernier a la capacité d’assainir les sols en les restructurant ou en les désacidifiant, lorsque combiné à d’autres composés organiques, il peut servir d’engrais. "Au Brésil, près de 70 % des engrais utilisés sont importés. Le biochar permettrait à beaucoup de producteurs de faire des économies", explique Mariana Bittencourt.

Grâce au soutien de la bourse "French Tech Ticket", l'équipe peut continuer à mettre au point son "biochar", encore à l'état de prototype, au sein de l'incubateur La Paillasse, situé rue Saint-Denis à Paris. Dommage, ça méritait bien un selfie, ça aussi.

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